D'Hixa's Stories : des Border Terrier équilibrés, élevés avec passion

🐾 D’Hixa’s Stories : 10 ans de sélection et d’histoires avec le Border Terrier

D’Hixa’s Stories : 10 ans de sélection et d’histoires avec le Border Terrier

10 ans de sélection et d’histoires avec le Border Terrier retrace la construction de l’élevage, de ses lignées et de ma manière d’élever depuis la naissance de la première portée en 2016.

Le 21 septembre 2016 naissait la première portée de Border Terrier D’Hixa’s Stories. Dix ans plus tard, en Normandie, l’élevage s’est construit autour d’une sélection attentive à la santé, à la fonctionnalité, au caractère et à l’ouverture des lignées, mais aussi d’une manière d’élever qui n’a cessé d’évoluer. De Jack et Hixa aux générations actuelles, cette histoire raconte des choix de sélection, des apports génétiques extérieurs, des chiens conservés ou écartés du projet, une professionnalisation progressive, mais aussi une évolution profonde dans la compréhension du comportement, la préparation des chiots et l’accompagnement des familles. Ces dix années ne racontent pas un modèle devenu parfait : elles racontent sa construction.

D’Hixa’s Stories : 10 ans de sélection et d’histoires avec le Border Terrier

🌱 Avant de parler d’élevage, il y avait simplement des chiens

Lorsque je regarde D’Hixa’s Stories aujourd’hui, il serait facile de reconstruire l’histoire à l’envers.

De regarder les générations de Border Terrier nées depuis 2016, les pedigrees étudiés, les lignées construites, les reproducteurs venus de différents pays, mon protocole d’adoption ou encore la préparation actuelle des chiots, et d’imaginer que tout cela faisait partie d’un projet pensé depuis le commencement.

Ce serait pourtant raconter une histoire qui n’a jamais existé.

Je n’ai pas grandi avec l’ambition de devenir éleveur de Border Terrier. Je n’avais pas davantage imaginé que les chiens deviendraient un jour mon activité professionnelle ou qu’une partie aussi importante de ma vie se construirait autour d’eux.

Au départ, il y avait quelque chose de beaucoup plus simple : l’envie de vivre avec un chien.

Puis il y eut une maison choisie aussi pour lui offrir de l’espace et des possibilités de promenades.

Il y eut Jack.

Puis Hixa.

Avec eux sont arrivés le club canin, les activités, les randonnées, les premières questions sur le comportement, puis la découverte plus approfondie du Border Terrier, de son standard, de ses origines et de ses lignées.

Une question en a entraîné une autre. Une rencontre en a provoqué d’autres. Mon regard sur les chiens a changé, puis ma manière de les sélectionner et de les élever a évolué à son tour.

Pour comprendre ce qu’est D’Hixa’s Stories en 2026, il faut donc remonter avant sa naissance.

À une époque où D’Hixa’s Stories n’existait pas encore.

Et où Jack et Hixa étaient simplement mes chiens.

🏡 Avant D’Hixa’s Stories : Jack et Hixa

Bien avant les premières portées, les pedigrees, les voyages au Royaume-Uni ou la création de D’Hixa’s Stories, mon histoire avec les chiens a commencé par un projet beaucoup plus simple : avoir enfin mon propre chien.

En 2011, lorsque ma situation financière me permet d’acheter ma première maison, sa présence future influence déjà mon choix. Je cherche un lieu avec un jardin, proche de chemins de promenade et compatible avec mon rythme professionnel. Je m’installe finalement dans une maison en lisière de forêt, avec environ 800 m² de terrain.

Avant même d’adopter, je termine les travaux. Je voulais pouvoir accueillir un chien dans de bonnes conditions.

🐕 Jack : le premier à bouleverser mes certitudes

En janvier 2012, je me rends dans un refuge avec ma mère.

Sur le papier, mes critères étaient assez précis : je cherchais plutôt une femelle, de taille moyenne et si possible peu intéressée par la chasse.

Et puis il y avait Jack.

Un jeune mâle type Jack Russell d’environ six mois, calme et silencieux dans son box. Autrement dit, presque l’inverse du chien que j’étais venu chercher.

C’est pourtant lui que j’adopte.

Une fois sorti du refuge, Jack dévoile rapidement une personnalité bien différente de celle entrevue derrière les barreaux. Il est joueur, très proche de moi, intelligent, mais aussi chasseur, obstiné et particulièrement doué pour trouver le moyen de partir explorer les environs.

Heureusement, un voisin retraité le récupère régulièrement lors de ses escapades.

Avec Jack commence aussi le club canin de Bresles.

À cette époque, ma manière d’aborder l’éducation est celle que l’on m’enseigne. Les méthodes sont davantage centrées sur l’obéissance et comportent des pratiques que je n’utiliserais plus aujourd’hui de la même manière.

Je ne souhaite pas réécrire cette période avec mes connaissances actuelles. Elle appartient à mon parcours. Ma façon de comprendre le chien évoluera progressivement avec les expériences, les rencontres, les formations et surtout l’observation des chiens eux-mêmes.

Jack en est le premier chapitre.

🐾 Hixa : la découverte du Border Terrier

Quelques mois plus tard, je commence à envisager l’arrivée d’un deuxième chien.

Mes recherches me conduisent vers une race que je connais alors encore peu : le Border Terrier.

Je découvre un petit Terrier rustique et sportif, capable de m’accompagner dans mes activités, avec une certaine indépendance et la réputation d’être relativement peu aboyeur. Ces caractéristiques correspondent à ce que je recherche.

Une portée vient justement de naître chez des particuliers.

Hixa est née le 4 mai 2012 et me rejoint durant l’été.

Je tiens à préciser quelque chose qui, avec dix années d’élevage derrière moi, prend aujourd’hui tout son sens : je n’ai pas choisi Hixa pour créer D’Hixa’s Stories.

Je l’ai choisie pour vivre avec elle.

Il n’existait alors ni plan de sélection, ni projet de lignées, ni élevage professionnel à construire.

Hixa était simplement mon deuxième chien.

Et elle était très différente de Jack.

Posée, calme et attentive, elle restait naturellement proche de moi lorsque nous étions dehors. Là où Jack pouvait partir explorer son environnement avec une certaine détermination, Hixa semblait davantage garder un œil sur moi.

Jack et Hixa deviennent rapidement inséparables.

Le quotidien se construit autour des promenades, des randonnées, du club canin et des activités que nous partageons. Fait assez révélateur de leur relation : avec l’arrivée de Hixa, les fugues de Jack cessent.

Avec le recul, je pourrais être tenté de présenter Hixa comme le commencement évident de D’Hixa’s Stories.

Ce serait encore une fois reconstruire l’histoire à partir de ce qu’elle est devenue.

J’ai d’ailleurs raconté plus longuement cette relation dans l’article consacré à ses 14 années de vie à mes côtés et à sa place dans l’histoire de D’Hixa’s Stories. Hixa est devenue la fondatrice de ma première lignée, mais elle a été ma chienne bien avant de devenir une reproductrice.

Et cette distinction est essentielle.

Car Jack et Hixa constituent ensemble les premières racines de cette histoire.

Jack m’a confronté à un chien chasseur, autonome, obstiné, capable de remettre rapidement en question ce que je pensais avoir compris.

Hixa m’a fait découvrir le Border Terrier.

À ce moment-là, je ne savais évidemment pas qu’elle aurait un jour des chiots, que l’un d’eux s’appellerait My First D’Hixa’s Stories ou que son nom donnerait naissance à mon affixe.

Avant de sélectionner le Border Terrier, il fallait encore apprendre à le connaître.

Et c’est précisément ce qui allait commencer avec Hixa.

🎯 Découvrir le Border Terrier et commencer à sélectionner

Avec Hixa, je ne découvre pas seulement une nouvelle race. Je commence progressivement à observer le Border Terrier dans différentes situations, bien au-delà de ce que j’avais pu lire avant son arrivée.

Entre 2013 et 2014, nous multiplions les activités. Nous travaillons au club canin, préparons le CSAU puis le brevet d’obéissance, pratiquons l’agility et continuons les randonnées.

Ces expériences ont probablement davantage compté dans ma manière de regarder un chien que je ne pouvais l’imaginer à l’époque.

Je découvre Hixa en mouvement, dans l’effort, face à une consigne, dans un environnement nouveau ou lorsqu’elle doit prendre elle-même une décision. Je commence ainsi à regarder autre chose que son apparence : sa capacité à fonctionner, à s’adapter et à rester elle-même dans des contextes différents.

Cette façon d’observer les chiens restera ensuite présente dans ma manière de sélectionner mes Border Terrier.

🏅 La confirmation, les expositions et la découverte du standard

En juin 2013, Hixa est confirmée à Bailleul-sur-Thérain.

Cette confirmation constitue pour moi une nouvelle porte d’entrée dans l’univers du Border Terrier. Je découvre plus précisément le standard de la race, les expositions canines, les épreuves de travail et surtout les personnes qui gravitent autour de cet univers.

Je rencontre des éleveurs et j’écoute leurs avis.

Ils ne sont pas toujours les mêmes.

Deux éleveuses peuvent observer la même chienne et porter sur elle des regards très différents. Ces premières expériences m’apprennent progressivement quelque chose qui restera important dans mon parcours : un chien ne peut pas être résumé à l’appréciation d’une seule personne, à un classement ou à un résultat d’exposition.

Je participe donc à quelques expositions, mais elles ne deviennent jamais le centre de ma relation avec Hixa.

Elles m’intéressent pour ce qu’elles peuvent m’apprendre sur le standard, la morphologie et les chiens que je rencontre. Mais j’éprouve déjà davantage de plaisir à voir un chien évoluer dans son quotidien, marcher, courir, travailler ou simplement interagir avec son environnement.

Avec le recul, cette période contient déjà les premières bases de ce que je rechercherai plus tard dans ma sélection : un Border Terrier qui ne soit pas seulement beau à regarder, mais qui reste fonctionnel dans sa construction et dans sa vie.

Cette réflexion sur l’équilibre entre standard, morphologie et fonctionnalité continuera d’évoluer au fil des générations. Je l’ai notamment développée plus récemment dans mon article consacré à l’anticlinale et au standard du Border Terrier.

🧬 2015 : regarder derrière le chien

En 2015, une nouvelle question apparaît progressivement : et si Hixa avait un jour une portée ?

L’idée n’est toujours pas de devenir éleveur professionnel.

Je commence simplement à envisager une reproduction de Hixa et, avec elle, à découvrir un univers beaucoup plus vaste que celui que j’avais observé jusque-là.

Jusqu’alors, je regardais principalement le chien que j’avais devant moi.

Je commence maintenant à regarder ce qu’il y a derrière lui.

Ses parents.

Ses grands-parents.

Les générations précédentes.

Les qualités que l’on retrouve dans certaines lignées, mais également leurs limites.

Je passe beaucoup de temps à étudier les pedigrees à travers les bases de données spécialisées et les informations que je peux trouver sur les chiens qui m’intéressent.

Cette démarche fait aussi écho à ma formation initiale. J’ai suivi un BTS en technologie végétale, option amélioration des plantes et semences. Cela ne fait évidemment pas de moi un généticien canin, mais j’avais déjà été confronté à une logique qui consistait à observer des caractères, étudier des générations et réfléchir à ce que l’on cherche à transmettre.

Avec le Border Terrier, cette réflexion prend une nouvelle dimension : je travaille désormais avec du vivant, avec des individus dont la santé, le caractère, la morphologie et l’histoire généalogique ne peuvent jamais être réduits à une simple équation.

🇬🇧 Regarder vers le Royaume-Uni

Mes recherches me conduisent de plus en plus souvent vers le Royaume-Uni, berceau historique du Border Terrier.

Je consulte les pedigrees, les résultats britanniques et les lignées présentes outre-Manche. Des noms que je ne connais d’abord qu’à travers un écran commencent à former une véritable cartographie dans mon esprit.

Le Royaume-Uni devient progressivement pour moi bien davantage qu’un endroit où rechercher un futur mâle pour Hixa.

C’est une source d’observation.

De nouvelles lignées.

De nouvelles rencontres.

Et surtout la possibilité de ne pas raisonner uniquement à partir des chiens immédiatement disponibles autour de moi.

À la fin de l’année 2015, je crée l’affixe D’Hixa’s Stories et obtiens mon numéro d’éleveur.

Le nom existe désormais.

Mais l’élevage que je connais aujourd’hui, lui, n’existe toujours pas.

Je ne sais pas encore quel mâle sera choisi pour Hixa. Je ne sais pas encore que ce choix me conduira jusqu’en Angleterre. Et je ne sais évidemment pas qu’un des chiots issus de cette future rencontre deviendra My First D’Hixa’s Stories.

Je commence simplement à comprendre une chose qui accompagnera ensuite toute ma sélection :

choisir un mariage, ce n’est pas seulement regarder deux chiens. C’est essayer de comprendre ce que leurs histoires peuvent construire ensemble.

❤️‍🩹 2016 : « Je n’ai qu’une seule vie »

Au début de l’année 2016, D’Hixa’s Stories possède désormais un nom, et je poursuis mes recherches autour d’une future portée de Hixa.

Mais au mois de mars, ce ne sont pas les chiens qui vont provoquer un changement important dans ma vie.

C’est ma santé.

À cette époque, je travaille comme directeur de magasin. Mon activité professionnelle est intense, avec les responsabilités et le rythme que cela implique. Je commence à ressentir des palpitations, jusqu’au moment où je suis hospitalisé.

Le diagnostic tombe : hypertension artérielle.

Pris isolément, cet épisode aurait peut-être simplement conduit à quelques ajustements. Mais il résonne avec une partie beaucoup plus ancienne de mon histoire personnelle : j’avais quinze ans lorsque mon père est décédé d’un arrêt cardiaque.

Cette hospitalisation m’oblige donc à regarder différemment la vie que je suis en train de mener.

⏳ Revoir mes priorités

Une phrase s’impose alors à moi :

« Je n’ai qu’une seule vie. »

Elle ne signifie pas que je décide soudainement de tout abandonner pour devenir éleveur.

Ce serait reconstruire l’histoire avec ce que je sais aujourd’hui.

En mars 2016, je ne sais toujours pas que D’Hixa’s Stories deviendra un jour mon activité professionnelle. Je ne sais pas davantage si un élevage pourrait me permettre d’en vivre.

La réflexion est beaucoup plus personnelle.

Je prends conscience que ma carrière professionnelle et le niveau de vie qu’elle peut m’apporter ne doivent plus se construire au détriment de ma santé ni de ce qui compte réellement pour moi.

Les chiens font évidemment partie de cette réflexion.

Jack et Hixa vivent avec moi depuis plusieurs années et, avec eux, j’ai progressivement découvert combien mon organisation professionnelle influence aussi leur quotidien. Travailler autrement, c’est également pouvoir leur consacrer davantage de temps et mieux répondre à leurs besoins.

Trois directions commencent alors à se dessiner : préserver davantage ma santé, construire une vie professionnelle plus compatible avec mes chiens et aller au bout du projet de portée que j’imagine pour Hixa.

Pas encore devenir éleveur professionnel.

Simplement commencer à rapprocher davantage ma vie de mes priorités.

🇬🇧 Aller chercher le chien que je voulais pour Hixa

Pendant ce temps, mes recherches généalogiques se poursuivent.

Plus j’étudie les pedigrees, moins j’ai envie de choisir un mâle uniquement parce qu’il serait géographiquement proche ou facilement accessible.

Je cherche une association qui ait du sens pour Hixa.

Mes recherches me conduisent finalement vers Brackenfell Bok To Bach, dit Grimley, au Royaume-Uni.

Son pedigree m’intéresse pour l’ouverture génétique qu’il peut apporter par rapport à celui de Hixa. Je regarde également sa santé, sa morphologie, sa couleur rouge et ce qu’il pourrait transmettre dans le mariage que j’imagine.

À cette période, Hixa, Magical et Grimley sont également testés pour le SLEM et sont Clear selon les informations dont je dispose.

Mais choisir Grimley signifie accepter une conséquence très concrète : il faut aller jusqu’à lui.

🚗 De pedigrees observés sur un écran à des chiens rencontrés

Autour du 18 juillet 2016, je prends donc la route vers Leeds, accompagné de ma sœur et de son compagnon.

Ce voyage représente une étape importante.

Depuis des mois, j’étudie des pedigrees, des résultats et des lignées britanniques à distance. En Angleterre, ces noms deviennent enfin des chiens que je peux voir et des personnes avec lesquelles je peux échanger.

Je rencontre des éleveurs.

J’observe des Border Terrier.

Je découvre directement certaines des lignées que j’avais jusque-là étudiées derrière un écran.

Et Hixa rencontre Grimley.

La saillie se déroule naturellement, simplement.

À ce moment précis, je ne sais évidemment pas encore ce que ce mariage va réellement produire.

Je sais seulement pourquoi je l’ai choisi.

Ce voyage en Angleterre concrétise une idée qui commençait à se former depuis mes premières recherches : si je considère qu’un chien correspond réellement à ce que je recherche pour une femelle, la distance ne doit pas être le premier critère de sélection.

Je rentre donc en France avec Hixa.

Sans savoir si cette première expérience donnera naissance à la lignée que j’imagine.

Sans savoir non plus que, quelques semaines plus tard, six chiots vont naître.

Et que l’un d’entre eux changera définitivement le sens du nom que j’avais créé quelques mois auparavant :

D’Hixa’s Stories.

🐾 21 septembre 2016 : naissance de D’Hixa’s Stories

Quelques semaines après notre retour d’Angleterre, le projet imaginé autour de Hixa et Grimley devient concret.

Le 21 septembre 2016, Hixa donne naissance à six chiots : cinq mâles et une femelle.

Cette date est aujourd’hui celle que je considère comme la véritable naissance de D’Hixa’s Stories.

L’affixe existait déjà depuis la fin de l’année 2015. J’avais commencé à étudier les pedigrees, choisi Grimley puis parcouru la distance jusqu’au Royaume-Uni pour réaliser ce mariage. Mais jusqu’à ce 21 septembre, tout cela restait encore un projet.

Ce jour-là, pour la première fois, des chiots portent le nom D’Hixa’s Stories.

Et pourtant, même à cet instant, la suite de l’histoire ne se déroule pas comme je l’avais imaginée.

♀️ Une femelle attendue, un mâle finalement conservé

Depuis le début du projet, mon intention était de conserver une femelle de cette première portée.

Une seule femelle naît.

La logique aurait donc pu sembler simple.

Mais sa dentition prognathe apparaît comme un critère incompatible avec ce que je souhaite construire pour la reproduction. Je dois renoncer à la conserver dans mon futur projet de sélection.

Dès cette première portée, je suis confronté à une réalité qui accompagnera toutes les générations suivantes : sélectionner ne consiste pas uniquement à choisir ce que l’on souhaite garder. Il faut aussi savoir renoncer lorsque le chien que l’on avait imaginé ne correspond pas aux critères nécessaires pour poursuivre une lignée.

Je me tourne alors vers les cinq mâles.

Parmi eux, l’un retient particulièrement mon attention.

Un chiot rouge, calme.

Il deviendra My First D’Hixa’s Stories.

Son nom prend aujourd’hui une dimension presque symbolique, mais là encore, je dois me garder de réécrire l’histoire avec ce que je sais maintenant.

My First n’est pas conservé parce que j’aurais déjà imaginé toutes les générations qui pourraient descendre de lui.

Il est simplement le premier Border Terrier né chez moi que je décide de garder.

🏡 Une portée et un changement de vie

La naissance de cette première génération intervient également à un moment particulier.

Quelques jours plus tard, je quitte ma première maison pour m’installer dans une longère normande.

Le changement est important.

La maison en lisière de forêt et ses quelque 800 m² avaient accompagné mes débuts avec Jack et Hixa. Cette nouvelle maison offre davantage d’espace, davantage de calme et un environnement plus rural.

Sans que je puisse encore le savoir, ce nouveau lieu va devenir le décor dans lequel une grande partie de D’Hixa’s Stories va se construire.

Les chiens prennent progressivement davantage de place dans mon quotidien.

Mais, là encore, je ne deviens pas éleveur professionnel en septembre 2016.

Je continue mon activité professionnelle.

Je n’ai pas de plan prévoyant plusieurs générations à l’avance.

Je ne sais pas encore quelles lignées vont rejoindre celle de Hixa, quels chiens seront conservés, lesquels sortiront du projet ni quelles rencontres modifieront mes choix.

J’ai simplement Hixa.

Jack.

Une première portée.

Et désormais My First.

🌱 Le premier chapitre d’une histoire encore inconnue

C’est précisément pour cela que le 21 septembre 2016 reste la date fondatrice de D’Hixa’s Stories.

Pas parce que tout était déjà construit.

Mais parce que tout pouvait commencer à se construire.

Cette première portée constitue le passage entre une réflexion menée autour de Hixa et une histoire qui peut désormais se transmettre d’une génération à l’autre.

Avec My First apparaît pour la première fois une question nouvelle : que transmettre de Hixa et de Grimley, et comment poursuivre cette première combinaison sans simplement la reproduire à l’identique ?

Les années suivantes vont apporter d’autres chiens, d’autres origines et d’autres choix.

Magical ouvrira une première branche complémentaire.

Elite Eleanor en apportera une autre.

Puis viendront Pandore, Rheia, Round et plusieurs générations qui permettront progressivement de relier ces histoires entre elles.

Je ne pouvais évidemment rien savoir de tout cela le 21 septembre 2016.

C’est justement ce qui donne aujourd’hui tout son sens à cet anniversaire.

D’Hixa’s Stories n’est pas né d’un élevage déjà construit. Il est né de six chiots, d’un premier choix de sélection et de tout ce qu’il restait encore à apprendre.

🧬 Construire des lignées sans les refermer

Après la naissance de My First, une nouvelle étape commence.

J’ai désormais une première génération née sous l’affixe D’Hixa’s Stories, issue de Hixa et de Grimley. Mais construire une lignée ne peut pas consister à reproduire indéfiniment ce que l’on possède déjà.

Très tôt, ma réflexion va donc prendre une direction qui reste encore aujourd’hui au cœur de ma sélection : construire une identité sans enfermer mes chiens dans un patrimoine génétique de plus en plus étroit.

Pour cela, il faut conserver.

Mais il faut aussi chercher ailleurs.

Introduire de nouvelles origines.

Observer ce qu’elles apportent.

Puis parfois renoncer à ce que l’on avait imaginé.

🌿 Magical et Elite Eleanor : créer des branches complémentaires

Magical appartient aux premières années de cette construction.

En 2017, je retourne vers le Royaume-Uni pour sa reproduction avec Kgills King Of Swing, un champion britannique. De ce mariage naît notamment Okami, le 30 janvier 2018.

Avec elle commence à se construire une branche différente de celle de Hixa.

La même année, une autre histoire débute avec l’arrivée de Elite Eleanor, venue de République tchèque.

Son intérêt est précisément d’apporter une nouvelle origine à l’élevage.

À cette époque, je ne cherche pas à accumuler les reproducteurs. Je commence plutôt à raisonner en branches complémentaires : des chiens issus d’histoires généalogiques différentes qui pourront, peut-être plusieurs générations plus tard, être associés sans que la sélection ne se referme progressivement sur elle-même.

Hixa constitue la branche historique.

Magical en ouvre une deuxième.

Elite Eleanor une troisième.

Ce sont ces trois ensembles qui vont progressivement permettre de construire les premières générations de D’Hixa’s Stories.

🐾 Pandore : poursuivre Hixa autrement

Le 10 janvier 2019, Hixa donne naissance à Pandore, issue de son mariage avec British Cooper Nigel Mansell.

Pandore s’impose assez naturellement dans mon choix.

Elle est très belle et représente une nouvelle possibilité de poursuivre la branche de Hixa sans simplement reproduire la combinaison réalisée quelques années auparavant avec Grimley.

Elle deviendra l’une des femelles fondatrices de D’Hixa’s Stories.

Pandore aura quatre portées et plusieurs de ses descendants joueront ensuite un rôle important dans ma sélection.

Avec Rouky, frère de Rheia, elle donnera notamment naissance à Sakti.

Avec Baywillow Blue Roller, un mâle d’origine britannique, elle donnera Urka et Ulysse, que je choisirai tous les deux de conserver.

Mais son histoire montre également une autre facette de la sélection.

Une de ses descendantes, Vanda, avait initialement été conservée. Vers huit mois, la qualité de son poil ne correspond finalement pas à ce que je souhaite transmettre.

Elle sort donc du plan de sélection.

Ce genre de décision est rarement visible lorsque l’on regarde uniquement un pedigree plusieurs années plus tard.

Pourtant, une lignée se construit autant avec les chiens que l’on conserve qu’avec ceux auxquels on décide de ne pas faire reproduire.

🌱 Rheia : quand une lignée doit emprunter un autre chemin

Du côté de Magical, Okami est mariée à Annesuz New Harry Kane.

Le 20 janvier 2020 naît notamment Rheia.

Je la conserve pour plusieurs raisons : son poil, son caractère, mais également son type très longiligne.

Rheia aura quatre portées.

Et, une nouvelle fois, la construction ne suivra pas toujours le chemin imaginé.

Certaines descendances envisagées ne pourront pas être conservées pour poursuivre directement la sélection : dentition, sécurité dans la vie de groupe ou autres critères m’obligeront à adapter mes choix.

Parmi ses filles, Sublime et Silence, issue de Rheia et My First, quittera finalement l’élevage pour vivre chez une amie afin de préserver sa sécurité au sein du groupe.

Génétiquement, pourtant, son histoire avec D’Hixa’s Stories ne s’arrête pas là.

Son mariage ultérieur avec Round permettra de retrouver cette combinaison quelques générations plus tard à travers Angel Lovely D’Hixa’s Stories.

C’est un exemple qui résume assez bien ce que j’ai progressivement appris : un plan de sélection n’est jamais une ligne droite.

On peut avoir une direction.

Le vivant impose ensuite son propre chemin.

🏅 Round And Around : lorsque plusieurs histoires commencent à se rejoindre

Quelques mois après Rheia, le 27 juin 2020, naît Round And Around D’Hixa’s Stories, issu de Elite Eleanor et Halong Galbaio.

Avec Round, la troisième branche originelle commence à prendre une place particulièrement importante dans la suite de l’histoire.

Je retrouve chez lui plusieurs qualités que je recherche : un chien beau, mais aussi fonctionnel et sportif, avec un caractère que je trouve simple au quotidien.

Les expositions ne sont pas particulièrement son univers. Il y obtiendra pourtant plusieurs résultats importants.

Lors de son premier Championnat de France, il lui manque environ quinze jours pour être suffisamment âgé pour concourir au CAC. Je ne peux évidemment pas savoir ce qu’aurait été le résultat dans une autre catégorie ; ce que je retiens surtout, c’est que ses qualités pouvaient être reconnues sur un ring sans que celui-ci définisse à lui seul sa valeur dans ma sélection.

Au fil des années, Round va devenir l’un des grands transmetteurs de D’Hixa’s Stories.

Il intervient dans plusieurs branches et contribue notamment aux générations qui conduiront à Angel, Vilma, Umā et à leurs descendants.

Son importance ne vient donc pas seulement du nombre de chiots qu’il a produits.

Elle vient de la manière dont son patrimoine génétique a pu être utilisé pour relier différentes branches construites auparavant.

J’ai raconté plus précisément son parcours, sa retraite et ce qu’il laisse derrière lui dans mon article « Round And Around D’Hixa’s Stories : la retraite d’un père fondateur et l’héritage d’une lignée ».

Son départ à la retraite au début de l’année 2026 illustre d’ailleurs un autre principe devenu important pour moi : un reproducteur n’a pas besoin de reproduire toute sa vie pour avoir rempli son rôle dans une sélection.

🔀 Construire, ouvrir, observer… et parfois renoncer

Lorsque l’on regarde aujourd’hui un pedigree D’Hixa’s Stories, les noms peuvent donner l’impression d’une construction parfaitement ordonnée.

Hixa.

Magical.

Elite Eleanor.

Puis Pandore, Rheia, Round et les générations suivantes.

La réalité est beaucoup moins linéaire.

Il y a les mariages que j’ai imaginés et qui ont fonctionné.

Les chiens que j’ai voulu conserver et qui sont finalement sortis du projet.

Ceux que je n’avais pas nécessairement prévu de garder.

Des critères de dentition, de poil, de comportement ou de compatibilité génétique.

Des événements de vie.

Et des apports extérieurs qu’il faut régulièrement rechercher pour éviter que les générations construites ne finissent par tourner autour des mêmes origines.

Au fil de ces premières générations, ma définition d’une lignée s’est donc précisée.

Construire une lignée D’Hixa’s Stories ne signifie pas chercher à rendre tous mes chiens génétiquement semblables.

Il s’agit plutôt de conserver certaines qualités, d’observer leur transmission et de créer suffisamment de branches pour continuer à disposer de possibilités de sélection.

Paradoxalement, plus les générations avancent, plus cette ouverture devient importante.

Et en 2023, deux situations vont particulièrement bien l’illustrer.

D’un côté, Urka et Ulysse, issus de Pandore et d’un nouvel apport britannique, seront tous les deux conservés.

De l’autre, Umā représentera déjà la cinquième génération construite au sein de D’Hixa’s Stories.

Une satisfaction.

Mais aussi un signal très clair :

il est de nouveau temps d’aller chercher ailleurs.

🔄 Urka, Ulysse et Umā : construire oblige aussi à rouvrir

À mesure que les générations D’Hixa’s Stories se construisent, une contradiction seulement apparente devient de plus en plus évidente.

Plus je parviens à fixer certaines qualités que je recherche, plus je dois rester attentif à ne pas enfermer ma sélection dans les chiens que j’ai moi-même produits.

Une lignée ne peut pas se construire uniquement en rapprochant, génération après génération, les descendants des mêmes fondateurs.

Construire oblige aussi à rouvrir.

Les années 2022 et 2023 vont rendre cette nécessité particulièrement concrète.

🇬🇧 Urka et Ulysse : revenir chercher une nouvelle origine

Pour la quatrième et dernière portée de Pandore, je choisis Baywillow Blue Roller, un mâle importé du Royaume-Uni.

Ce choix répond à une logique devenue centrale dans ma sélection : apporter une origine nouvelle, complémentaire de celles déjà présentes chez D’Hixa’s Stories, et conserver ainsi des possibilités pour les générations futures.

Le 7 janvier 2023, de ce mariage naissent notamment Urka et Ulysse D’Hixa’s Stories.

Cette fois, je décide de conserver les deux.

Garder un frère et une sœur pourrait sembler contradictoire avec cette volonté d’ouverture génétique.

Cela ne l’est pas si leur place est pensée dans des combinaisons différentes.

Ce qui m’intéresse chez eux n’est pas de pouvoir les rapprocher entre eux, mais au contraire de disposer de deux représentants d’un nouvel apport génétique, susceptibles d’être associés plus tard à d’autres branches de D’Hixa’s Stories.

Chez Urka, je retrouve notamment un équilibre émotionnel qui me plaît, une certaine sensibilité, un poil dur, une dentition complète et une morphologie que je considère fonctionnelle, même si elle ne correspond pas nécessairement au chien que l’on chercherait à privilégier uniquement pour les expositions.

Elle aura trois portées avant de quitter à son tour mon programme de reproduction.

Ulysse suivra un chemin différent.

Il deviendra lui aussi un transmetteur, mais sur une période volontairement courte. Une fois l’apport que je recherchais transmis à une nouvelle génération, je considérerai qu’il a rempli son rôle dans ma sélection.

Cette manière de raisonner devient progressivement essentielle : la valeur d’un reproducteur ne se mesure pas à la durée pendant laquelle il reproduit, mais à ce qu’il permet de transmettre et aux possibilités qu’il ouvre pour la suite.

🧬 Umā : cinq générations construites à D’Hixa’s Stories

Quelques semaines après la naissance d’Urka et Ulysse, une autre portée représente une étape très différente.

Le 21 mars 2023, Sakti, fille de Pandore et Rouky, donne naissance à une portée avec Round And Around D’Hixa’s Stories.

Parmi les chiots se trouve Umā D’Hixa’s Stories.

Je la conserve.

Umā est un véritable coup de cœur. Je retrouve chez elle beaucoup de Rheia dans son expression et son type, et elle représente aussi quelque chose de particulier dans mon parcours de sélection.

Avec elle, j’arrive à cinq générations construites au sein de D’Hixa’s Stories.

Sur le papier, cela pourrait apparaître comme l’aboutissement de plusieurs années de travail.

Pour moi, c’est surtout le moment où une autre question devient incontournable.

Avec qui poursuivre ?

Car le pedigree d’Umā rassemble désormais plusieurs chiens et plusieurs branches que j’ai utilisés au cours des générations précédentes.

C’est précisément là que la notion de « construire une lignée » peut être mal comprise.

🌳 Une lignée n’est pas un cercle fermé

Construire une lignée ne signifie pas chercher, génération après génération, à remettre ensemble les mêmes origines sous prétexte qu’elles portent désormais l’identité D’Hixa’s Stories.

Ce serait confondre continuité et fermeture.

Une lignée peut transmettre certaines caractéristiques tout en intégrant régulièrement des chiens extérieurs.

Elle peut avoir une histoire reconnaissable sans devenir génétiquement isolée.

Et plus j’avance dans les générations, plus cette distinction devient importante.

Avec Umā, cette réalité est très concrète : son pedigree est devenu trop proche des mâles présents chez moi pour que je souhaite simplement poursuivre avec eux.

Le fait qu’elle représente une cinquième génération ne m’incite donc pas à refermer davantage la lignée.

Il produit exactement l’effet inverse.

Il m’oblige à repartir vers l’extérieur.

🌍 Iggy puis Zoom : chercher à nouveau ailleurs

Pour les reproductions d’Umā, je choisis donc deux mâles extérieurs à mon élevage : Iggy, puis Zoom.

Ce choix n’efface pas les cinq générations qui précèdent Umā.

Il permet au contraire de leur donner une suite.

Je conserve ce que ces générations m’ont permis de construire, tout en introduisant des origines suffisamment différentes pour continuer à avancer sans concentrer toujours davantage les mêmes ancêtres.

C’est également pour cette raison que je ne considère jamais un taux de consanguinité faible comme une simple valeur à afficher.

Il doit être replacé dans le pedigree étudié, le nombre de générations observées et les chiens qui composent réellement ce pedigree.

L’objectif n’est pas de poursuivre un chiffre isolé.

Il est de préserver suffisamment de diversité et de possibilités pour continuer à sélectionner dans les générations suivantes.

♻️ Construire, puis recréer de l’espace

Urka, Ulysse et Umā illustrent ainsi deux mouvements qui pourraient sembler opposés mais qui, pour moi, sont devenus indissociables.

Avec Umā, plusieurs générations D’Hixa’s Stories se rejoignent.

Avec Urka et Ulysse, une nouvelle origine britannique entre dans la construction.

Puis, avec Iggy et Zoom, je repars encore vers des mâles extérieurs.

C’est ce mouvement permanent qui permet à une lignée de continuer à évoluer.

Construire. Observer ce qui a été transmis. Conserver lorsque cela a du sens. Renoncer lorsque c’est nécessaire. Puis rouvrir avant que la construction ne devienne une fermeture.

Dix ans après mes premières recherches autour de Hixa, ma vision d’une lignée est probablement beaucoup plus claire sur ce point.

Je ne cherche pas à fabriquer une famille de Border Terrier qui finirait par ne plus pouvoir être associée qu’à elle-même.

Je cherche à construire des générations suffisamment cohérentes pour transmettre ce que je souhaite préserver, mais suffisamment ouvertes pour que le choix du prochain mariage reste encore un véritable choix.

Et cette recherche d’ouverture va bientôt prendre une nouvelle dimension.

Car avec Stella Rover Luana, ce n’est plus seulement un mâle extérieur que je vais introduire ponctuellement dans une portée.

C’est une nouvelle branche, sans lien avec mes trois lignées originelles, qui va entrer dans D’Hixa’s Stories.

🌍 Luana et Antias : continuer à ouvrir et observer

Après plusieurs générations construites à partir de Hixa, Magical et Elite Eleanor, puis l’utilisation régulière de mâles extérieurs, une autre possibilité s’impose progressivement : introduire une femelle dont les origines soient totalement extérieures à ce que j’ai construit jusque-là.

C’est dans cette logique que Stella Rover Luana rejoint D’Hixa’s Stories.

Avec elle, il ne s’agit plus simplement d’aller chercher ponctuellement un mâle extérieur pour une de mes femelles.

Luana représente la possibilité d’installer une nouvelle branche.

🌱 Luana : repartir d’une histoire généalogique différente

Luana arrive de Russie en 2023.

Son arrivée repose d’abord sur une relation de confiance avec Maya, son éleveuse. Mais dans ma réflexion de sélection, son intérêt est surtout généalogique.

Son pedigree est sans lien avec les trois branches historiques autour desquelles D’Hixa’s Stories s’est progressivement construit : Hixa, Magical et Elite Eleanor.

C’est précisément ce que je recherche.

Après plusieurs années passées à construire mes propres générations, accueillir Luana revient presque à repartir d’une page blanche.

Pas pour effacer ce qui existe.

Mais pour créer une possibilité supplémentaire.

Une nouvelle branche ne prend toutefois de sens que si elle peut un jour rencontrer intelligemment celles qui existent déjà.

Et c’est là qu’Ulysse retrouve toute sa place.

🧬 Ulysse × Luana : transmettre avant de passer le relais

Ulysse est issu de Pandore et de Baywillow Blue Roller.

Son pedigree associe donc la branche historique de Hixa à l’apport britannique que j’avais précisément recherché pour la dernière portée de Pandore.

Luana arrive, elle, avec des origines totalement différentes de mes lignées fondatrices.

Leur association permet donc de faire se rencontrer deux démarches d’ouverture.

Le 3 février 2025, de ce mariage naît notamment Antias D’Hixa’s Stories.

Cette portée marque aussi une étape dans le parcours d’Ulysse.

Je n’ai jamais eu pour objectif de conserver un mâle reproducteur simplement parce qu’il était né chez moi ou parce qu’il pouvait encore reproduire.

À deux ans, après avoir transmis ce que je souhaitais conserver de cette branche, Ulysse quitte mon programme de reproduction.

Son rôle était de transmettre.

Il l’a fait.

Et une nouvelle génération peut désormais être observée.

🐕 Antias : « je ne l’ai pas choisi, c’est lui »

L’histoire d’Antias est différente de celle de plusieurs chiens que j’ai conservés avant lui.

Je n’avais pas décidé, à sa naissance, qu’il serait le mâle à garder pour poursuivre cette branche.

Je ne l’ai pas choisi. C’est lui.

Au fil des semaines puis des mois, Antias s’est progressivement imposé dans mon quotidien par son comportement.

Il était régulièrement présent à mes côtés.

Pas comme un chien « pot de colle ».

Il conservait son autonomie, pouvait vivre sa vie, explorer ou s’éloigner, mais revenait naturellement prendre place près de moi.

Cette proximité sans dépendance m’a particulièrement marqué.

Et elle m’a donné envie de continuer à l’observer.

C’est ainsi qu’Antias est resté.

Non parce qu’un pedigree ou un plan établi à sa naissance m’aurait imposé de le conserver, mais parce qu’un chien réel est venu modifier ce que j’avais imaginé sur le papier.

👀 Garder un chien ne signifie pas encore le valider comme reproducteur

Cette distinction est essentielle.

En 2026, Antias est encore un jeune mâle.

Son pedigree m’intéresse.

Son comportement m’intéresse.

La combinaison dont il est issu répond à la logique d’ouverture recherchée avec Luana et Ulysse.

Mais cela ne suffit pas à en faire automatiquement un reproducteur.

Antias doit encore faire ses preuves.

Le conserver me permet de le voir grandir, d’observer son évolution morphologique, son caractère, sa santé et ce qu’il devient réellement une fois adulte.

Ce n’est qu’ensuite que pourra se poser la question de sa place éventuelle dans la reproduction.

Je ne peux donc pas le présenter aujourd’hui comme un mâle fondateur d’une nouvelle branche.

Ce serait, une nouvelle fois, raconter le présent à partir d’un futur qui n’existe pas encore.

Et dix années de sélection m’ont justement appris à me méfier de cette tentation.

🔭 Le pedigree donne une direction, le chien reste à observer

L’arrivée de Luana et l’histoire d’Antias résument finalement assez bien l’évolution de ma manière de sélectionner.

Je continue à passer beaucoup de temps à étudier les pedigrees.

Je continue à rechercher des origines suffisamment éloignées pour préserver des possibilités dans les générations futures.

Je réfléchis aux mariages avant qu’ils soient réalisés.

Mais un pedigree ne décide jamais seul de l’avenir d’un chien.

Il donne des informations.

Il permet d’anticiper certaines combinaisons.

Il explique pourquoi une naissance peut m’intéresser.

Puis il faut regarder le chien qui grandit devant moi.

Certains chiens que j’avais imaginé conserver sont sortis de mon programme de sélection.

Antias représente presque le mouvement inverse : je ne l’avais pas choisi au départ, mais son comportement m’a conduit à lui laisser du temps et une place pour observer ce qu’il deviendra.

C’est peut-être aussi cela, dix ans après la naissance de la première portée D’Hixa’s Stories, qui a le plus changé dans ma manière de sélectionner.

Construire des lignées m’a appris à prévoir. Vivre avec les chiens m’a appris à ne jamais croire que tout pouvait être prévu.

🌱 Dix ans ont changé ma manière d’élever

Construire des lignées n’est finalement qu’une partie du travail réalisé depuis la naissance de D’Hixa’s Stories. En dix ans, les chiens m’ont appris qu’élever ne consiste pas seulement à sélectionner des reproducteurs, étudier des pedigrees et choisir des mariages : il faut aussi observer les individus qui naissent de ces choix, comprendre leurs comportements et accepter que certaines certitudes soient remises en question par ce que les chiens nous montrent réellement.

Ma façon d’élever en 2026 n’est donc plus celle de 2016. Elle s’est construite progressivement au contact des chiens, mais aussi grâce aux formations, aux professionnels qui m’ont accompagné, aux éleveurs rencontrés, aux adoptants et aux nombreuses situations auxquelles je n’étais pas toujours préparé. Certaines expériences ont conforté mes choix, tandis que d’autres m’ont obligé à les modifier et ont parfois profondément changé ma manière de regarder un chien.

Cette évolution concerne aujourd’hui aussi bien la compréhension du comportement et des émotions que la vie en groupe, la socialisation, la préparation des chiots, leur individualisation, le choix des familles ou encore l’accompagnement après leur départ. Beaucoup de pratiques qui font aujourd’hui partie du fonctionnement de D’Hixa’s Stories n’existaient pas sous cette forme lors de la première portée en 2016 : elles sont le résultat de dix années d’observations, d’expériences, de rencontres et de remises en question.

Mais cette évolution de ma manière d’élever s’est accompagnée d’une autre transformation, beaucoup plus progressive qu’une simple décision de changer de métier. Entre la naissance de D’Hixa’s Stories et le moment où l’élevage est devenu mon activité à part entière, plusieurs années ont été nécessaires, avec des emplois successifs, des choix personnels et une réalité économique qu’il a fallu confronter au projet.

C’est cette transition qui permet de comprendre comment D’Hixa’s Stories est progressivement devenu mon métier, sans réécrire l’histoire en faisant de 2016 le point de départ d’une vocation professionnelle qui n’existait pas encore.

👨‍🌾 Devenir éleveur professionnel : une construction progressive

Lorsque D’Hixa’s Stories naît en septembre 2016, devenir éleveur professionnel n’est pas mon projet. L’élevage commence à prendre une place dans ma vie, mes premières réflexions sur la sélection se concrétisent et ma relation au travail a été profondément questionnée par mon hospitalisation quelques mois auparavant, mais je continue à exercer une activité salariée.

Les années qui suivent sont donc celles d’une construction menée en parallèle. D’un côté, les premières générations D’Hixa’s Stories commencent à se développer, avec Magical, Okami, Elite Eleanor puis les choix qui conduiront progressivement à Pandore, Rheia et Round. De l’autre, je dois continuer à travailler et à trouver un équilibre économique compatible avec cette activité d’élevage qui prend de plus en plus de place.

Cette réalité est importante dans mon parcours, parce qu’elle explique pourquoi devenir éleveur professionnel n’a jamais été une décision prise en un jour. Il a fallu plusieurs années pour que ce qui avait commencé autour de mes propres chiens puisse progressivement devenir une activité capable d’occuper toute ma vie professionnelle.

📄 2019 : donner un cadre professionnel à l’élevage

Le 1er janvier 2019, je crée officiellement mon entreprise et obtiens mon SIRET. Deux portées sont alors prévues dans l’année et l’élevage nécessite désormais un cadre professionnel adapté à son développement.

Cette étape pourrait facilement être interprétée, avec le recul, comme le moment où j’aurais décidé de faire de D’Hixa’s Stories mon métier à temps plein.

Ce n’est pourtant pas ce qui se passe.

Je travaille toujours chez Gamm Vert et je n’ai encore aucune certitude sur la possibilité économique de vivre uniquement de l’élevage. La création de l’entreprise officialise une activité qui se développe ; elle ne signifie pas encore que cette activité peut remplacer mon salaire.

Quelques mois plus tard, au milieu du mois de mai 2019, une rupture conventionnelle met fin à mon parcours chez Gamm Vert. Là encore, la suite n’est pas une installation immédiate comme éleveur à temps plein.

En juin, My First devient Champion de France. Sur le plan de l’élevage, D’Hixa’s Stories continue donc à avancer, mais ma situation professionnelle reste beaucoup plus incertaine.

💼 Chercher un équilibre entre travail salarié et élevage

Après mon départ de Gamm Vert, je passe par France Travail et j’étudie plus concrètement la possibilité de faire de l’élevage mon activité principale.

La conclusion à laquelle je suis alors confronté est simple : dans les conditions de l’époque, l’élevage n’est pas considéré comme économiquement suffisant pour me permettre d’en vivre.

Je ne peux donc pas transformer immédiatement D’Hixa’s Stories en activité professionnelle exclusive.

Je reprends différents emplois, notamment chez Leclerc, Maillard Paysage, Jardiland puis Auchan, en cherchant à chaque fois une organisation qui puisse rester compatible avec les besoins des chiens et le développement de l’élevage.

Cette période est parfois difficile à concilier. Plus D’Hixa’s Stories se construit, plus le temps nécessaire aux chiens, aux portées et à l’organisation quotidienne augmente, alors que la nécessité d’un revenu salarié demeure.

C’est aussi pendant cette période que naissent Rheia et Round, en 2020. Les lignées continuent donc à avancer alors même que, professionnellement, je cherche encore comment donner à l’élevage une place viable dans ma vie.

🔄 2021 : arrêter les emplois parallèles sans considérer le chemin terminé

En 2021, je finis par arrêter les emplois salariés menés parallèlement à l’élevage.

Cette étape marque un changement important, mais elle ne doit pas davantage être présentée comme l’aboutissement immédiat du projet. Je bénéficie alors de mes droits à l’ARE, qui me permettent de disposer d’une période pour continuer à développer D’Hixa’s Stories tout en sécurisant cette transition.

Ce temps compte dans la construction de l’élevage, parce qu’il me permet progressivement d’organiser mon quotidien autour des chiens plutôt que de chercher en permanence à faire entrer leurs besoins dans les contraintes d’un emploi extérieur.

La disponibilité supplémentaire change nécessairement beaucoup de choses : le temps passé à observer les chiens, l’organisation des portées, les rencontres avec les familles et, progressivement, tout ce qui deviendra le fonctionnement actuel de D’Hixa’s Stories.

Mais l’équilibre économique reste une réalité avec laquelle il faut composer.

Faire de l’élevage son activité principale ne signifie pas que les incertitudes disparaissent au moment où l’on quitte son dernier emploi salarié.

🌱 2024 : D’Hixa’s Stories devient pleinement mon activité

C’est finalement en 2024, huit ans après la première portée D’Hixa’s Stories, que cette évolution franchit une nouvelle étape avec mon statut de chef d’exploitation.

À partir de là, l’élevage devient pleinement mon activité professionnelle.

Cette chronologie est importante pour comprendre mon parcours. Entre l’hospitalisation de 2016 et le statut de chef d’exploitation de 2024, il ne s’est pas écoulé huit années consacrées à exécuter un projet professionnel décidé à l’avance. Il y a eu des portées, des chiens conservés ou retirés de la sélection, plusieurs emplois, une rupture conventionnelle, une période de chômage, des interrogations économiques et une organisation continuellement adaptée à la réalité.

Je ne suis donc pas devenu éleveur parce qu’en 2016 j’avais décidé que ce serait mon métier. D’Hixa’s Stories est progressivement devenu mon métier parce que l’élevage a pris, année après année, une place de plus en plus importante dans ma vie.

Et disposer progressivement de davantage de temps auprès des chiens a eu une autre conséquence que je n’avais pas nécessairement anticipée : plus je vivais avec eux et les observais, plus certaines certitudes acquises au début de mon parcours étaient remises en question.

Après avoir appris à sélectionner des chiens, j’allais devoir apprendre à mieux les comprendre.

🧠 De sélectionner des chiens à mieux comprendre les chiens

Devenir plus disponible pour mes chiens n’a pas seulement changé l’organisation de D’Hixa’s Stories. Le temps passé avec eux, les générations qui se succèdent et les situations rencontrées ont progressivement modifié ma manière de les regarder.

Lorsque j’ai commencé le club canin avec Jack puis Hixa, au début des années 2010, ma compréhension de l’éducation canine reposait principalement sur ce que l’on m’enseignait alors : obtenir certains comportements, travailler l’obéissance et apprendre au chien ce que l’on attendait de lui. Je ne renie pas cette période, parce qu’elle fait partie de mon parcours et qu’elle m’a également permis d’apprendre. Simplement, je n’observe plus un chien en 2026 comme je l’observais en 2012.

Entre les deux, il y a eu des années de vie quotidienne avec mes Border Terrier D’Hixa’s Stories, des formations en comportement canin, des professionnels rencontrés, des échanges, mais surtout beaucoup de chiens différents. Certains se sont facilement adaptés à ce que je leur proposais ; d’autres m’ont obligé à chercher pourquoi une situation qui fonctionnait avec l’un ne fonctionnait pas avec l’autre.

Progressivement, la question n’a donc plus seulement été : « Comment obtenir ce comportement ? », mais aussi : « Pourquoi ce chien se comporte-t-il ainsi ? »

🐾 Un Border Terrier « têtu »… ou un chien que je n’ai pas encore compris ?

Le Border Terrier est un Terrier. Son histoire de chien de travail a sélectionné des individus capables d’agir, de poursuivre un objectif et de prendre certaines décisions sans attendre constamment une instruction humaine. Cette détermination fait partie de ce qui m’attire dans la race, mais elle peut aussi être interprétée très rapidement comme de l’obstination.

Avec l’expérience, j’ai appris à me méfier de cette première interprétation.

Lorsqu’un Border Terrier ne répond pas comme je l’attends, je peux évidemment considérer qu’il est « têtu ». Mais je peux aussi regarder ce qui se passe autour de lui : l’environnement est-il trop stimulant ? A-t-il réellement compris ce que je lui demande ? Ce que je lui propose possède-t-il suffisamment de valeur face à l’odeur ou à l’événement qui capte son attention ? Est-il disponible émotionnellement à cet instant ?

C’est cette évolution de regard qui m’a conduit à développer plus précisément la question dans « Le Border Terrier est-il vraiment têtu ? ». Derrière un même comportement observable peuvent se trouver des motivations très différentes, et chercher à les comprendre m’intéresse aujourd’hui davantage que d’attribuer immédiatement au chien un trait de caractère.

Cela ne signifie pas qu’il ne faut plus poser de cadre ou apprendre certaines règles à un Border Terrier. Cela signifie que comprendre ce qui produit un comportement permet souvent d’intervenir avec davantage de cohérence.

👀 Observer ce que le chien communique avant d’intervenir

Ce changement de regard m’a également conduit à accorder beaucoup plus d’importance à la communication du chien.

Un détournement de tête, une modification de posture, une prise de distance ou d’autres signaux d’apaisement peuvent apporter des informations sur la manière dont un chien vit une interaction. Tous les comportements ne doivent pas être interprétés isolément ni transformés en diagnostic, mais apprendre à observer l’ensemble d’une situation m’aide aujourd’hui à intervenir plus tôt et parfois simplement à ne pas imposer une interaction dont le chien cherche déjà à sortir.

Cette observation modifie nécessairement la manière d’éduquer.

La question « Faut-il dire non à son Border Terrier ? » devient alors beaucoup plus intéressante que le simple choix entre autoriser et interdire. Un « non » peut interrompre une action, mais il n’apprend pas nécessairement au chien ce que j’attends de lui à la place. Je cherche donc davantage à construire des comportements utilisables dans le quotidien, à travailler la coopération et à rendre mes demandes compréhensibles.

La même réflexion vaut lorsque l’humain élève la voix. Crier sur son Border Terrier peut interrompre momentanément un comportement parce que le chien est surpris, inquiet ou impressionné, sans pour autant lui avoir appris comment gérer la situation suivante. M’interroger sur mes propres réactions fait donc désormais autant partie du travail que d’observer celles du chien.

C’est progressivement autour de ces questions que s’est construite ma manière actuelle d’aborder l’éducation du Border Terrier : non pas comme une recherche d’obéissance permanente, mais comme la construction d’un langage commun permettant de vivre ensemble avec des règles, des apprentissages, de l’autonomie et une meilleure compréhension réciproque.

🧠 Comprendre les émotions change aussi la manière d’élever

Cette évolution ne concerne pas uniquement les apprentissages.

Elle a profondément modifié la manière dont j’observe les chiots nés chez D’Hixa’s Stories.

Deux chiots d’une même portée peuvent être confrontés au même environnement et ne pas le vivre de la même manière. L’un va spontanément explorer une nouveauté tandis qu’un autre aura besoin de davantage de distance ou de temps avant de s’en approcher. Le premier n’est pas nécessairement « meilleur » et le second n’est pas nécessairement « peureux » : ce qui m’intéresse est de comprendre comment chacun prend l’information, récupère émotionnellement et trouve progressivement ses propres stratégies d’adaptation.

Cela m’a aussi appris à ne pas rechercher un chiot constamment stimulé. Découvrir le monde est important, mais apprendre à se poser, dormir, renoncer, attendre ou rester seul pendant de courtes périodes fait également partie de sa préparation.

Le travail réalisé aujourd’hui chez D’Hixa’s Stories autour de la socialisation et de l’éducation du Border Terrier découle directement de cette évolution : je ne cherche plus seulement à multiplier les expériences, mais à observer comment chaque chiot les vit.

🧬 Mieux comprendre les chiens change aussi ma sélection

Cette évolution aurait pu rester cantonnée à l’éducation et à la préparation des chiots. Elle influence pourtant directement mes choix de sélection.

Lorsque j’étudie un reproducteur, son pedigree, sa santé et sa morphologie restent essentiels. Mais vivre quotidiennement avec plusieurs générations de Border Terrier m’a appris à regarder avec davantage d’attention l’équilibre émotionnel, la capacité d’adaptation, la relation à l’humain, l’autonomie, la récupération après une situation stressante et la manière dont un chien communique avec ses congénères.

Je ne prétends pas qu’un caractère puisse être résumé à quelques critères ni que le comportement d’un chiot puisse être prédit avec certitude à partir de ses parents. L’environnement, les expériences et l’histoire individuelle auront également leur importance. Mais lorsque je décide qu’un chien pourra éventuellement participer à la génération suivante de D’Hixa’s Stories, je ne peux plus séparer complètement ce que j’observe de lui au quotidien de ce que son pedigree ou sa morphologie m’indiquent.

C’est également l’une des raisons pour lesquelles je souhaite vivre avec mes chiens plutôt que les considérer uniquement comme des reproducteurs. La sélection commence sur le papier, mais une partie essentielle de ce que j’apprends d’un Border Terrier apparaît dans la vie quotidienne.

Et cette vie quotidienne m’a confronté à un autre apprentissage majeur.

Lorsque plusieurs chiens vivent ensemble, comprendre chaque individu ne suffit pas. Les relations changent selon les chiens présents, les ressources, les émotions et les situations. Ce que j’avais longtemps considéré comme une vie en groupe relativement naturelle allait, à son tour, m’obliger à remettre certaines de mes certitudes en question.

🐕🐕 Vivre en groupe : observer, apprendre et se remettre en question

Vivre quotidiennement avec plusieurs Border Terrier m’a donné accès à une dimension que ni un pedigree, ni une exposition, ni même une séance d’éducation ne permettent d’observer de la même manière : la façon dont un chien se comporte lorsqu’il évolue librement avec d’autres chiens, au fil des jours et dans des situations ordinaires.

Les relations ne sont jamais complètement figées. Elles évoluent selon les individus présents, leur âge, leur état émotionnel, les ressources disponibles et le contexte. Un chien peut rechercher la proximité d’un congénère dans une situation et préférer prendre de la distance dans une autre. Certains savent très clairement communiquer leurs limites, tandis que d’autres ont davantage besoin de l’intervention humaine pour éviter qu’une interaction ne monte inutilement en intensité.

Pendant longtemps, j’ai considéré cette vie en groupe comme quelque chose de relativement naturel. Puis l’expérience m’a progressivement appris qu’un groupe de chiens ne fonctionne pas seul simplement parce que ses membres vivent ensemble.

👀 Observer les interactions plutôt que raconter une « meute »

Le mot « meute » peut donner l’image d’une organisation stable dans laquelle chaque chien trouverait naturellement sa place. Mon quotidien avec les Border Terrier D’Hixa’s Stories m’a appris une réalité beaucoup plus nuancée.

Les interactions sont dynamiques. L’excitation peut se transmettre d’un chien à l’autre, une ressource peut momentanément modifier une relation, un jeune chien peut ne pas comprendre immédiatement le signal envoyé par un adulte et un comportement parfaitement toléré à un moment peut ne plus l’être dans un autre contexte. C’est précisément cette complexité que j’aborde plus largement dans « La vérité sur la vie en meute » : vivre avec plusieurs chiens offre énormément d’occasions d’observer leurs communications, mais cela implique aussi une responsabilité humaine dans la gestion de leurs interactions.

Cette évolution a modifié ma position. Je ne considère plus la vie en groupe comme un idéal qu’il faudrait rechercher pour lui-même, ni comme la démonstration que les chiens peuvent tout gérer entre eux. Laisser des chiens communiquer ne signifie pas leur laisser la responsabilité de résoudre toutes les situations.

Observer sert justement à savoir quand ne pas intervenir, mais aussi à reconnaître les moments où une intervention humaine devient nécessaire.

🐾 Un accident qui m’a obligé à réinterroger mes pratiques

Cette réflexion a pris une dimension différente lorsqu’un chiot est mort au cours d’une interaction avec le groupe, huit jours avant son départ dans sa famille.

Je ne souhaite ni dramatiser cet accident ni en faire un élément émotionnel de l’histoire de D’Hixa’s Stories. Il fait néanmoins partie de mon parcours d’éleveur parce qu’il m’a obligé à regarder différemment certaines pratiques que je considérais jusque-là comme acquises.

Le fait d’avoir vécu pendant des années avec plusieurs chiens, de connaître chacun d’eux et d’observer quotidiennement leurs interactions ne permet pas de supprimer le risque. Connaître ses chiens ne signifie pas pouvoir prévoir toutes leurs réactions.

À partir de là, ma réflexion ne pouvait plus simplement consister à me demander ce qui s’était passé. Elle devait aussi porter sur ce que je pouvais modifier dans mon organisation pour réduire la possibilité qu’une situation comparable se reproduise.

🔄 Observer pour mieux gérer le groupe

Ma gestion des Border Terrier D’Hixa’s Stories a donc évolué vers une observation plus attentive des contextes dans lesquels les interactions se produisent. Je regarde davantage les niveaux d’excitation, les ressources présentes, les possibilités de prise de distance, les associations entre certains chiens et la manière dont chacun récupère après une interaction intense.

Cette attention ne signifie pas intervenir constamment. Au contraire, une grande partie de la vie sociale des chiens repose sur des communications que je dois leur laisser la possibilité d’utiliser. Mais cette liberté existe désormais dans un cadre où ma responsabilité consiste aussi à anticiper ce qui peut raisonnablement l’être et à interrompre une situation lorsque les chiens ne parviennent plus à la réguler eux-mêmes.

Cela m’a également appris à accepter une limite importante de l’élevage : le risque zéro n’existe pas lorsque l’on travaille avec du vivant. Cette réalité ne dispense pas de chercher à réduire les risques ; elle impose au contraire de continuer à observer, analyser et faire évoluer ses pratiques.

🧠 Ce que la vie en groupe m’apprend aussi sur chaque Border Terrier

Ces observations ont également une influence sur ma sélection. La vie quotidienne avec plusieurs Border Terrier permet de voir des comportements qui apparaissent beaucoup moins dans une relation exclusivement individuelle avec l’humain : la capacité à prendre de la distance, la gestion de la frustration, la communication entre congénères, la réaction à l’excitation collective ou encore la manière de retrouver un état émotionnel plus stable après une situation stimulante.

Je ne transforme pas ces observations en grille permettant de classer simplement les chiens. Un comportement dépend toujours d’un contexte, et un individu évolue avec son âge et ses expériences. Elles constituent néanmoins des informations supplémentaires lorsque je réfléchis à la place d’un chien dans mon programme de sélection et à ce qu’il pourrait transmettre aux générations suivantes.

La vie en groupe est ainsi devenue pour moi un espace d’observation, mais jamais une garantie d’équilibre ni une finalité en elle-même. Elle m’a surtout appris que l’expérience accumulée ne doit pas conduire à penser que l’on sait déjà.

Cette remise en question a progressivement dépassé la gestion des adultes. Elle a aussi changé ma manière d’accompagner les chiots pendant leurs premières semaines : plutôt que chercher à leur faire vivre le plus grand nombre d’expériences possible, j’ai commencé à m’interroger davantage sur ce que chaque expérience leur apprend réellement et sur la manière dont chacun la vit.

🌱 Préparer un chiot à la vie, pas fabriquer un chiot parfait

Ma manière de préparer les chiots Border Terrier D’Hixa’s Stories a évolué pour les mêmes raisons que ma façon de regarder les chiens adultes. Au fil des portées, j’ai compris que faire découvrir beaucoup de choses à un chiot ne suffisait pas. Une expérience n’a d’intérêt que si je prends également en compte la manière dont le chiot la vit, ce qu’il en retient et sa capacité à retrouver ensuite un état émotionnel stable.

Lors de mes premières portées, certaines bases étaient déjà présentes : la découverte de différents environnements, les contacts humains, les interactions avec d’autres chiens ou les premières expériences à l’extérieur. Mais les générations successives m’ont progressivement montré que la préparation d’un chiot ne pouvait pas se résumer à une succession de situations auxquelles il aurait été « exposé ».

C’est ainsi que mon protocole s’est enrichi. Non parce qu’il fallait ajouter toujours davantage d’activités, mais parce que ma compréhension de ce dont un chiot peut avoir besoin avant son départ s’est affinée.

🌍 Socialiser ne signifie pas simplement multiplier les expériences

La socialisation en est probablement l’un des meilleurs exemples.

Faire découvrir un environnement, des personnes, des bruits, une voiture ou des congénères peut être utile. Mais deux chiots confrontés exactement à la même situation peuvent y répondre très différemment. L’un va immédiatement explorer, tandis qu’un autre aura besoin d’observer à distance avant de s’engager. Un troisième pourra participer facilement mais avoir ensuite besoin de davantage de temps pour retrouver son calme.

J’ai donc progressivement cessé de considérer la socialisation du chiot Border Terrier comme une liste d’expériences à valider. Ce qui m’intéresse aujourd’hui est autant la découverte elle-même que la réponse du chiot : sa curiosité, ses hésitations, sa capacité à prendre de la distance, à revenir vers moi ou à reprendre une exploration après avoir été surpris.

Les expériences environnementales ont ainsi pris une autre signification dans ma manière d’élever. La voiture, les nouveaux lieux, les humains, les autres chiens ou les changements de surface ne sont pas seulement des choses que le chiot doit avoir rencontrées avant son départ. Ce sont aussi des situations qui me permettent de l’observer et de l’accompagner dans sa manière personnelle de découvrir le monde.

🐾 Préparer progressivement la vie qui viendra après l’élevage

Cette réflexion a progressivement intégré des situations beaucoup plus ordinaires.

La laisse, par exemple, n’est pas travaillée pour obtenir un chiot capable de marcher parfaitement au pied lorsqu’il rejoint sa famille. Il s’agit d’une première découverte : sentir une légère contrainte, comprendre qu’un humain se trouve à l’autre extrémité et commencer à chercher comment avancer avec lui.

La voiture suit la même logique. Je ne peux pas garantir qu’un chiot ne sera jamais malade ou inquiet lors d’un trajet futur, mais je peux faire en sorte que sa première expérience de la voiture ne corresponde pas uniquement au jour où il quitte définitivement son lieu de naissance.

Il en va de même pour les rencontres avec des congénères, les changements d’environnement ou les premières sorties. La préparation des chiots D’Hixa’s Stories s’est construite progressivement autour de ces expériences parce que chacune peut constituer une petite base sur laquelle la future famille pourra ensuite continuer à travailler.

L’objectif n’est donc pas de terminer leur éducation avant leur départ. Il est de leur donner des premières expériences suffisamment variées pour que le monde extérieur ne commence pas brutalement le jour où ils quittent l’élevage.

😴 Apprendre aussi à ne rien faire

Cette évolution m’a également conduit à accorder davantage d’importance à ce qui ressemble, en apparence, à l’inverse de la socialisation : le sommeil, le calme et les temps sans stimulation.

Un chiot a besoin de découvrir, mais il a aussi besoin de dormir et de récupérer. En voulant préparer un jeune chien à toutes les situations qu’il pourra rencontrer, il serait facile de transformer ses premières semaines en succession permanente de nouveautés.

J’ai appris à chercher davantage d’équilibre.

Aujourd’hui, préparer un chiot signifie donc aussi lui permettre de se poser, de dormir, d’attendre, de renoncer à une interaction ou de rester progressivement seul pendant de courtes périodes. L’individualisation s’est ainsi ajoutée au travail réalisé en groupe. Un chiot qui a toujours dormi, joué et exploré avec ses frères et sœurs devra pourtant, quelques semaines plus tard, apprendre à vivre sans eux.

L’autonomie ne commence donc pas après l’adoption. Elle peut être introduite progressivement à l’élevage, sans demander au chiot davantage que ce qu’il est capable de gérer à son âge.

👀 Observer l’individu derrière la portée

Cette évolution a profondément changé ma manière de regarder une portée.

Les premières semaines permettent évidemment d’observer des tendances, mais je me méfie de plus en plus des conclusions trop rapides. Le chiot qui arrive le premier à quatre semaines ne sera pas nécessairement le plus assuré à l’âge adulte, pas plus que celui qui observe davantage avant de s’engager ne peut être résumé à un chien « timide ».

J’ai donc progressivement retardé le moment où je commence réellement à rapprocher un chiot d’un projet familial. C’est précisément la réflexion développée dans « Pourquoi attendre six semaines avant de choisir son chiot ? » : laisser du temps permet d’observer davantage de situations, mais aussi de voir comment chaque chiot évolue, récupère émotionnellement et commence à exprimer certaines particularités individuelles.

Cette observation ne permet pas de prédire exactement le chien adulte. Elle permet seulement de disposer de davantage d’informations au moment de réfléchir à l’adéquation entre un chiot, son tempérament observable et la vie qui l’attend.

C’est une nuance essentielle dans ma manière d’élever aujourd’hui.

🌱 Préparer n’est pas promettre

Au fil des années, le protocole de préparation des chiots D’Hixa’s Stories est donc devenu beaucoup plus riche. Socialisation, environnements, voiture, laisse, relations avec les congénères, individualisation, sommeil, autonomie et observation émotionnelle y ont progressivement trouvé leur place.

Mais cette évolution m’a également appris à rester prudent sur ce que l’élevage peut réellement promettre.

Préparer un chiot ne signifie jamais garantir un chien « parfait ».

Je peux travailler ses premières expériences, observer ses réactions, adapter certaines situations, lui donner progressivement des repères et transmettre ensuite mes observations à sa famille. Je ne peux pas déterminer à l’avance toutes ses réactions futures, ni maîtriser les expériences qu’il vivra après son départ.

Un chiot reste un individu en construction. Son développement continuera dans sa famille, avec un nouvel environnement, de nouvelles relations, des apprentissages, mais aussi des périodes plus faciles et d’autres qui demanderont davantage d’accompagnement.

C’est justement parce que je ne considère plus la préparation comme une garantie que le rôle des futurs adoptants a progressivement pris davantage de place dans mon travail. Préparer un chiot pendant ses premières semaines n’a réellement de sens que si cette construction peut ensuite se poursuivre avec la famille qui partagera sa vie.

🤝 L’adoption : les familles deviennent elles aussi actrices du parcours

À mesure que ma façon de préparer les chiots évoluait, ma manière d’envisager leur adoption devait nécessairement évoluer elle aussi. Il devenait difficile de consacrer plusieurs semaines à observer chaque chiot, à respecter son rythme et à chercher à comprendre son fonctionnement, puis de considérer son départ comme une simple rencontre entre un chiot disponible et une personne souhaitant adopter un Border Terrier.

Au fil des années, j’ai donc progressivement déplacé mon regard. La question n’était plus seulement de savoir qui souhaitait un chiot D’Hixa’s Stories, mais de comprendre quelle vie cette personne imaginait avec lui, ce qu’elle connaissait réellement du Border Terrier et si les attentes exprimées pouvaient correspondre à ce que j’observais de mes chiens.

Cette évolution n’a pas donné naissance du jour au lendemain au parcours d’adoption actuel. Comme la préparation des chiots, elle s’est construite avec l’expérience, les échanges avec les familles et les situations rencontrées après les départs.

🐾 Avant de choisir un chiot, comprendre le Border Terrier

L’une des premières évolutions a été de donner davantage de place à ce qui se passe avant même qu’une portée soit née.

Adopter un Border Terrier parce que l’on apprécie son apparence, son format ou l’image que l’on s’en fait ne suffit pas nécessairement à préparer une vie commune. Son tempérament de Terrier, son besoin d’activité, son autonomie, sa persistance et sa manière d’interagir avec son environnement doivent aussi correspondre à ce que la future famille recherche et à ce qu’elle pourra lui proposer.

C’est le sens de la question développée dans « Le Border Terrier est-il fait pour vous ? ». Elle ne cherche pas à déterminer quelles personnes seraient de « bons » ou de « mauvais » adoptants, mais à permettre à chacun de confronter son projet à la réalité du chien avant de s’engager.

Cette réflexion a progressivement modifié mes premiers échanges avec les personnes qui me contactent. Je cherche moins à savoir quand elles souhaitent accueillir un chiot qu’à comprendre pourquoi elles souhaitent vivre avec un Border Terrier et quelle place elles imaginent lui donner dans leur quotidien.

📝 Passer d’une demande de chiot à un projet d’adoption

Le formulaire, les échanges qui le suivent puis la première rencontre se sont progressivement inscrits dans cette logique.

Ils ne sont pas là uniquement pour recueillir des informations. Ils permettent à la future famille d’expliquer son mode de vie, ses attentes, ses expériences et parfois ses inquiétudes, tandis que je peux de mon côté expliquer plus précisément le fonctionnement de D’Hixa’s Stories et la réalité de la race.

Cette étape m’a aussi appris que les attentes autour d’un chiot peuvent être nombreuses et parfois contradictoires. Une famille peut rechercher un chien actif mais très calme à la maison, autonome mais toujours disponible, sociable avec tous les chiens, facile à éduquer et capable de s’adapter immédiatement à toutes les situations. Ces souhaits sont compréhensibles, mais un chiot reste un individu vivant dont le développement ne peut pas être commandé à l’avance.

C’est cette réalité que j’aborde dans « Adopter un chiot Border Terrier : comprendre la complexité des attentes ». Le rôle de mes échanges avec les futurs adoptants est aussi de distinguer ce qui relève d’un projet de vie cohérent de ce qui relèverait d’une attente trop précise envers un chien qui n’est pas encore construit.

L’adoption commence donc bien avant l’attribution d’un chiot. Elle commence lorsque l’éleveur et la future famille acceptent de confronter leurs attentes à la réalité.

👀 Rencontrer, observer et laisser le temps faire son travail

Les visites ont ensuite pris une place croissante dans ce parcours.

Elles permettent évidemment aux futurs adoptants de rencontrer les chiens et les chiots, mais leur fonction va bien au-delà. Elles permettent de voir comment une famille entre en relation avec eux, de poursuivre les échanges dans un contexte réel et, lorsque les chiots grandissent, de partager progressivement certaines observations.

Cette place donnée à l’observation explique aussi pourquoi je ne souhaite pas attribuer définitivement un chiot trop tôt. Dans « Pourquoi attendre six semaines avant de choisir son chiot ? », je développe cette nécessité de laisser apparaître progressivement des différences entre les individus avant de rapprocher un chiot d’un projet familial.

La famille devient alors elle aussi actrice de cette réflexion. Elle peut avoir des préférences, parfois même un premier coup de cœur, mais elle dispose progressivement de davantage d’informations pour comprendre pourquoi le chiot qui attire spontanément son regard n’est pas nécessairement celui dont le fonctionnement correspondra le mieux à son quotidien.

Mon rôle n’est donc plus simplement de proposer un chiot disponible. Il consiste à croiser ce que j’ai appris du chiot pendant ses premières semaines avec ce que j’ai appris de la famille pendant les mois qui ont précédé son départ.

⏳ Accepter d’attendre fait aussi partie du parcours

Cette évolution a également changé mon rapport à la disponibilité des chiots.

Lorsque la sélection, l’observation des individus et la préparation des familles deviennent prioritaires, il n’est plus possible de raisonner uniquement à partir de la question : « Quand puis-je avoir mon chiot ? » Le nombre de portées reste limité, les mariages répondent d’abord à une logique de sélection et tous les chiots ne peuvent pas correspondre à tous les projets.

L’attente peut alors faire partie intégrante du parcours.

C’est le sens de « Pourquoi choisir l’éthique plutôt que la disponibilité ? » : ne pas produire davantage simplement pour répondre à une demande immédiate signifie accepter qu’une famille puisse attendre, mais aussi lui expliquer ce que cette attente permet de préserver dans les choix d’élevage.

Pour moi, cette période n’est plus un temps vide entre l’inscription et la naissance d’un chiot. Elle permet de continuer les échanges, de mieux connaître le projet et de préparer progressivement la famille à ce qui viendra ensuite.

🏡 Le départ ne termine plus la relation avec l’élevage

Cette évolution du parcours d’adoption a enfin changé la signification du départ.

Lorsque les futurs adoptants ont suivi les chiots, participé aux rencontres et compris progressivement le travail réalisé pendant leurs premières semaines, ils ne découvrent pas leur histoire le jour où ils viennent les chercher. Ils en connaissent déjà une partie et peuvent prendre le relais.

Je peux alors transmettre mes observations : ce que le chiot connaît déjà, les situations dans lesquelles il est à l’aise, celles qui demandent encore du temps, ses habitudes de sommeil ou les premiers apprentissages commencés à l’élevage. La famille ne reçoit pas un programme à reproduire à l’identique ; elle reçoit des repères pour poursuivre une construction qui vient seulement de commencer.

L’accompagnement après le départ s’est développé dans la continuité de cette réflexion. Les premières nuits, la propreté, les nouvelles rencontres, les périodes d’excitation ou les premières difficultés peuvent faire apparaître un chiot différent de celui observé à l’élevage, simplement parce que son environnement a entièrement changé. Continuer à échanger permet alors de remettre certaines situations en contexte et, lorsque cela devient nécessaire, d’orienter également la famille vers des professionnels compétents.

L’adoptant n’est donc plus, dans ma manière d’élever aujourd’hui, la personne qui intervient à la fin du parcours. Il en devient progressivement acteur avant même le départ du chiot.

Cette évolution a profondément transformé D’Hixa’s Stories. Les familles ne sont plus uniquement celles auxquelles je confie les chiens que j’ai fait naître : leurs questions, leurs expériences et les nouvelles que je reçois au fil des années participent également à ce que j’apprends de mes propres lignées et à l’évolution de mes pratiques.

À force d’expliquer ces choix individuellement aux futurs adoptants, une nouvelle question s’est alors posée : pourquoi réserver cette transmission aux seules familles qui franchissent la porte de D’Hixa’s Stories ? C’est progressivement ce besoin qui m’a conduit à donner une autre place au site internet et à l’écriture.

✍️ Transmettre au-delà des portées

Pendant longtemps, transmettre faisait déjà partie de mon quotidien d’éleveur sans que je le considère réellement comme une activité à part entière. J’expliquais mes choix aux futurs adoptants, je répondais à leurs questions, je partageais ce que j’observais chez leurs chiots et je poursuivais ces échanges après les départs. Mais cette transmission restait essentiellement liée aux familles qui entraient directement dans le parcours D’Hixa’s Stories.

Le site internet avait lui aussi d’abord une fonction relativement classique : présenter l’élevage, mes Border Terrier, les portées et la manière dont je travaillais. Avec le temps, cette fonction ne suffisait plus à raconter ce que D’Hixa’s Stories était devenu.

Plus ma manière de sélectionner, d’élever et d’accompagner les familles évoluait, plus j’avais besoin d’expliquer pourquoi je faisais certains choix, et pas seulement de montrer ce que je faisais.

🌐 D’un site d’élevage à un espace de transmission

Le travail engagé avec l’Agence IDEO a accompagné cette transformation. Il ne s’agissait plus seulement d’avoir un site permettant de trouver un élevage de Border Terrier en Normandie, mais de construire progressivement un espace capable de transmettre une expérience accumulée depuis mes premiers chiens et les premières portées D’Hixa’s Stories.

Cette évolution a changé ma manière d’écrire.

Présenter une portée ou un reproducteur demande essentiellement de transmettre des informations. Expliquer pourquoi je recherche certaines caractéristiques dans mes lignées, pourquoi ma vision de l’éducation a évolué ou pourquoi la préparation d’un chiot ne peut pas garantir son comportement futur oblige à aller beaucoup plus loin. Il faut mettre des mots sur des choix parfois construits pendant plusieurs années et accepter aussi d’expliquer comment certaines de mes convictions ont changé.

Le site est ainsi progressivement devenu le prolongement du travail réalisé avec les chiens. Ce que j’observe à l’élevage nourrit ce que j’écris, et le fait de devoir l’expliquer m’oblige en retour à préciser ma propre réflexion.

🐾 Expliquer le Border Terrier au-delà de son standard

Cette transmission concerne d’abord le Border Terrier lui-même.

Le standard permet de décrire une race, son histoire donne des clés pour comprendre ce pour quoi elle a été sélectionnée, mais vivre quotidiennement avec plusieurs générations apporte une autre matière : l’autonomie du Terrier, sa persistance, ses interactions avec ses congénères, sa relation avec l’humain ou encore la manière dont certains comportements peuvent être interprétés dans la vie quotidienne.

C’est progressivement autour de ces différentes dimensions que le site s’est structuré. Certaines pages sont devenues des points d’entrée permettant de comprendre plus largement ma vision du Border Terrier, notamment autour de l’éducation du Border Terrier, de la sélection et de la vie quotidienne avec la race.

L’objectif n’est pas de présenter D’Hixa’s Stories comme détenteur d’une vérité sur le Border Terrier. Je partage une expérience construite avec mes chiens, mes lignées, mes formations, les professionnels rencontrés et les retours des familles. Cette expérience possède nécessairement ses limites et continuera elle-même à évoluer.

🧬 Transmettre aussi les raisons qui se trouvent derrière la sélection

L’écriture m’a également permis de rendre plus visible une partie du métier d’éleveur qui reste souvent difficile à percevoir depuis l’extérieur.

Un mariage ne se résume pas au choix de deux beaux chiens. Derrière une sélection peuvent se trouver l’étude des pedigrees, la recherche d’ouverture génétique, la santé, la morphologie fonctionnelle, le caractère, mais aussi les observations accumulées sur plusieurs générations.

Mettre ces réflexions par écrit permet de montrer que construire une lignée de Border Terrier ne consiste pas à reproduire toujours les mêmes caractéristiques, mais à rechercher des équilibres, à introduire de nouveaux apports lorsque cela devient nécessaire et parfois à renoncer à un chien que j’avais initialement imaginé conserver dans mon programme.

Cette dimension éditoriale prolonge donc directement le travail de sélection raconté dans la première partie de ces dix années. Le pedigree raconte une partie de l’histoire ; les articles permettent d’expliquer les raisonnements, les observations et parfois les remises en question qui se trouvent derrière lui.

📚 Comportement, adoption, alimentation : raconter aussi la vie autour du chien

Progressivement, les sujets abordés ont dépassé la sélection elle-même.

L’éducation et le comportement ont pris une place croissante à mesure que mon propre regard évoluait. L’adoption est devenue un sujet à part entière lorsque j’ai compris que préparer une famille était indissociable de la préparation du chiot. L’alimentation, le toilettage, la socialisation ou le fonctionnement quotidien de l’élevage ont également trouvé leur place parce qu’ils participent tous, à des niveaux différents, à la vie avec un Border Terrier.

Le site D’Hixa’s Stories ne raconte donc plus seulement où naissent mes Border Terrier. Il cherche progressivement à expliquer comment je les sélectionne, comment je les élève, ce que j’apprends en vivant avec eux et pourquoi certaines de mes pratiques ont évolué.

Cette différence peut sembler éditoriale. Pour moi, elle correspond surtout à une évolution du métier.

✍️ Écrire oblige aussi à accepter que ce qui est transmis puisse évoluer

Transmettre une expérience présente pourtant une difficulté : ce que j’écris aujourd’hui n’est pas nécessairement exactement ce que j’aurais écrit cinq ou dix ans auparavant.

Je pourrais chercher à effacer ces évolutions pour donner l’impression d’une méthode parfaitement construite depuis l’origine. Ce serait précisément l’inverse de ce que racontent ces dix années.

D’Hixa’s Stories s’est construit en sélectionnant des chiens, mais également en changeant certaines pratiques lorsque l’expérience m’en montrait les limites. L’espace éditorial doit pouvoir raconter cette même évolution. Transmettre ne consiste donc pas seulement à expliquer ce que je pense aujourd’hui ; cela consiste aussi à montrer comment et pourquoi ma manière de penser a changé.

C’est probablement là que le site et l’élevage se rejoignent le plus directement. Dans les deux cas, rien ne devrait être considéré comme définitivement acquis simplement parce que cela fonctionne depuis plusieurs années.

En 2026, écrire et transmettre font ainsi partie de D’Hixa’s Stories au même titre que sélectionner, observer, préparer les chiots ou accompagner leurs familles. Non parce que l’élevage serait devenu un média, mais parce qu’après dix années, garder pour moi seul ce que les chiens, les rencontres et les expériences m’ont appris n’aurait plus beaucoup de sens.

Et justement, ces dix années ne se résument pas aux chiens qui apparaissent dans les pedigrees ni aux connaissances accumulées. Elles sont aussi faites des personnes rencontrées en chemin, des familles qui ont accueilli mes chiots, des professionnels et des éleveurs avec lesquels j’ai échangé, des amitiés qui se sont construites et, plus largement, d’une vie qui a elle aussi évolué autour de D’Hixa’s Stories.

❤️ 2026 : des chiens, mais aussi des rencontres et une vie

Lorsque je regarde ces dix années, il serait facile de raconter D’Hixa’s Stories uniquement à travers les chiens. Les pedigrees permettent de suivre les générations, les portées donnent des dates, les choix de sélection expliquent les orientations prises et certains chiens marquent plus particulièrement une étape de la construction.

Mais cette chronologie serait incomplète.

D’Hixa’s Stories s’est construit avec des chiens, mais il s’est aussi construit avec des personnes. Des éleveurs rencontrés en France et à l’étranger m’ont ouvert leurs portes, confié certains de leurs chiens ou permis d’utiliser leurs lignées. Des professionnels m’ont apporté leurs connaissances et m’ont parfois amené à regarder différemment une situation que je pensais connaître. Des partenaires accompagnent aujourd’hui certaines étapes de la vie des chiens et des chiots. Et puis il y a toutes les familles auxquelles j’ai confié un D’Hixa’s Stories depuis 2016.

🤝 Des rencontres qui ont aussi construit l’élevage

Certaines rencontres ont été ponctuelles, d’autres se sont inscrites dans le temps. Quelques-unes sont devenues des amitiés. Toutes n’ont évidemment pas eu la même influence, mais beaucoup ont participé, directement ou indirectement, à ce que D’Hixa’s Stories est devenu.

Lorsque je suis parti au Royaume-Uni avec Hixa en 2016, je cherchais d’abord un mâle correspondant à ce que j’avais étudié dans les pedigrees. J’y ai aussi découvert des éleveurs, leurs chiens et une autre manière d’observer la race. Les apports extérieurs qui ont ensuite construit mes lignées sont eux-mêmes indissociables de relations humaines : derrière Grimley, British Cooper Nigel Mansell, Annesuz New Harry Kane, Halong Galbaio, Baywillow Blue Roller, Iggy ou Zoom, il y a des personnes qui ont accepté de partager une partie de leur travail de sélection.

Il en va de même pour les professionnels qui ont accompagné mon évolution. Une formation, un regard extérieur ou un échange autour d’un chien peuvent parfois modifier une pratique beaucoup plus durablement qu’une certitude construite seul. Apprendre à demander un autre avis et à confronter mes observations fait désormais partie de ma manière de travailler.

Avec le temps, j’ai compris que construire un élevage ne signifie pas tout construire seul.

🏡 Les adoptants font eux aussi partie de l’histoire

Les familles occupent une place particulière dans cette histoire parce qu’elles permettent de découvrir mes chiens dans une vie que je ne partage pas avec eux.

Lorsque je confie un chiot, mes observations s’arrêtent à un moment très précoce de son développement. Les nouvelles reçues quelques mois ou plusieurs années plus tard me permettent de voir ce qu’il devient dans un autre environnement, avec d’autres habitudes et une relation différente de celle qu’il avait connue à l’élevage.

Ces retours ne constituent pas une vérité scientifique sur une lignée, mais ils enrichissent ce que je peux en comprendre. Ils m’apprennent aussi beaucoup sur l’accompagnement des familles : les questions qui reviennent, les difficultés auxquelles certaines sont confrontées et les différences parfois importantes entre ce que l’on imagine avant l’arrivée d’un chiot et ce que l’on découvre en vivant réellement avec lui.

Au-delà de ces informations, il y a surtout des relations humaines. Certaines familles reviennent voir D’Hixa’s Stories, certaines accueillent plusieurs de mes chiens au fil des années et des liens se créent parfois bien au-delà du parcours d’adoption initial.

Les chiots quittent l’élevage. Les histoires commencées ici, elles, peuvent continuer pendant de nombreuses années.

❤️ En 2026, ma vie évolue elle aussi

Cette dimension humaine prend une signification particulière en 2026 avec l’arrivée de Martine dans ma vie.

Je n’ai pas besoin d’en raconter davantage ici, parce que certaines choses appartiennent simplement à notre intimité. Sa présence fait néanmoins partie de cette dixième année et il serait tout aussi artificiel de l’effacer d’un récit qui cherche précisément à raconter comment D’Hixa’s Stories s’est construit autour de ma vie avec les chiens.

L’histoire possède d’ailleurs un lien naturel avec eux. Vesta, née chez moi, avait rejoint Martine avant que nos propres chemins ne se rapprochent. Un chien D’Hixa’s Stories se trouve ainsi, d’une manière que je n’aurais évidemment jamais pu prévoir au moment de sa naissance, au croisement d’une nouvelle histoire humaine.

Cette place de Martine dans le récit ne change pas D’Hixa’s Stories en histoire personnelle. Elle rappelle simplement quelque chose que ces dix années m’ont progressivement appris : un élevage familial n’existe jamais complètement à côté de la vie de celui qui le construit. Il évolue avec elle.

🌿 Ce que les chiens ont fait naître autour d’eux

En septembre 2016, je pouvais imaginer certains mariages, réfléchir aux générations suivantes et commencer à construire une sélection. Je ne pouvais pas prévoir les personnes que ces chiens allaient me permettre de rencontrer.

Je ne pouvais pas savoir quelles familles entreraient un jour dans la maison pour rencontrer leur futur chiot, quels éleveurs deviendraient des interlocuteurs réguliers, quels professionnels influenceraient ma manière de travailler ni quelles rencontres se transformeraient en amitiés. Je ne pouvais pas davantage prévoir que ma propre vie continuerait à évoluer en même temps que D’Hixa’s Stories.

C’est probablement pour cela qu’après dix ans, je ne peux plus définir l’élevage uniquement par ses lignées.

Il y a Hixa, My First, Pandore, Rheia, Round, Urka, Ulysse, Umā, Luana, Antias et toutes les générations qui les entourent. Mais autour d’eux, il y a aussi des adoptants, des éleveurs, des professionnels, des partenaires, des amis et des personnes qui ont progressivement trouvé une place dans ma vie.

Les chiens constituent le fil conducteur de D’Hixa’s Stories. Les relations humaines font elles aussi partie de ce qu’ils ont construit autour d’eux.

Et comme tout ce qui précède dans cette histoire, ces rencontres n’ont pas produit un parcours parfaitement linéaire. Dix années d’élevage sont aussi faites de périodes plus difficiles, d’incertitudes financières, d’émotions, d’accidents, de choix que l’on reconsidère et de questions auxquelles l’expérience n’apporte pas toujours une réponse définitive.

C’est peut-être précisément pour cela que je préfère parler, après dix ans, de construction plutôt que de perfection.

🌿 Dix ans de construction, pas dix ans de perfection

En racontant l’évolution de D’Hixa’s Stories depuis 2016, il serait tentant de regarder les pratiques actuelles comme l’aboutissement logique de tout ce qui précède. Comme si chaque expérience avait progressivement ajouté une pièce à un modèle qui serait aujourd’hui achevé.

Ce n’est pas ainsi que je regarde ces dix années.

Ce que je fais aujourd’hui est effectivement le résultat de tout ce parcours. Ma manière de sélectionner mes Border Terrier, d’observer leur comportement, de gérer la vie en groupe, de préparer les chiots, d’accompagner les familles ou de transmettre mon expérience s’est considérablement enrichie. Certaines décisions prises au fil des années sont devenues des principes importants dans mon élevage, tandis que d’autres ont été modifiées lorsque l’expérience m’a montré leurs limites.

Mais évoluer ne signifie pas atteindre une méthode définitive.

🧭 Construire, c’est aussi accepter de changer de direction

Certains choix ont conforté ce que j’avais imaginé. D’autres m’ont obligé à revoir mes certitudes.

Cela a été vrai dans la construction de mes lignées, lorsqu’un chien que j’avais prévu de conserver ne correspondait finalement pas à ce que je recherchais, ou lorsqu’il devenait nécessaire de réintroduire de nouveaux apports génétiques plutôt que de poursuivre uniquement avec les générations déjà construites. Cela a été vrai dans ma manière d’éduquer, lorsque l’observation du comportement et des émotions a progressivement pris davantage de place. Cela a également été vrai dans la gestion du groupe, la préparation des chiots et l’accompagnement des familles.

Avec le recul, je ne considère pas ces changements comme des contradictions qu’il faudrait effacer de l’histoire de D’Hixa’s Stories. Ils en font partie.

Construire suppose parfois de continuer dans une direction, parfois de la corriger et parfois d’accepter de renoncer à ce que l’on avait prévu.

Cette capacité à changer ne signifie pas que les choix précédents étaient nécessairement mauvais. Elle signifie simplement qu’ils correspondaient à ce que je savais, observais et comprenais à un moment donné.

🌱 Le vivant ne suit jamais complètement ce que l’on avait prévu

L’élevage m’a probablement appris cela plus que toute autre chose : on peut anticiper énormément, mais on ne peut jamais tout prévoir.

Je peux étudier un pedigree pendant des heures, choisir un mariage pour des raisons précises, suivre une gestation, préparer les premières semaines des chiots et observer leur développement. Je peux travailler sur la santé, la diversité génétique, la morphologie, le comportement et l’environnement. Toutes ces décisions ont du sens parce qu’elles permettent de faire des choix plus réfléchis.

Elles ne donnent pourtant jamais une maîtrise complète du résultat.

Un mariage peut produire autre chose que ce que j’avais imaginé. Un chiot peut évoluer différemment de ses frères et sœurs. Un chien que j’espérais conserver peut finalement sortir de mon programme de sélection. Une interaction entre plusieurs chiens peut rappeler brutalement que connaître leurs comportements ne signifie pas pouvoir anticiper chacune de leurs réactions. Et une famille peut rencontrer, après le départ, une difficulté qui n’était pas apparue pendant les premières semaines à l’élevage.

C’est aussi ce que je raconte dans « Ces ascenseurs émotionnels qui façonnent chaque vie » : travailler avec le vivant oblige à accepter l’alternance entre les moments où tout semble confirmer les choix réalisés et ceux où un événement, un doute ou une difficulté impose de regarder autrement ce que l’on pensait avoir compris.

Cette imprévisibilité n’est pas une raison pour renoncer à anticiper. Elle est au contraire une raison supplémentaire pour observer, documenter, se former et continuer à remettre certaines pratiques en question.

❤️ Les difficultés font aussi partie de ces dix années

Derrière les lignées, les naissances et les évolutions racontées dans cet article, il y a également eu une réalité beaucoup moins linéaire.

Il y a eu les années où l’élevage devait coexister avec différents emplois parce qu’il n’était pas économiquement possible d’en vivre. Il y a eu la transition professionnelle, les incertitudes financières et les choix nécessaires pour continuer sans transformer D’Hixa’s Stories en une production répondant uniquement à la demande.

Il y a eu aussi des accidents, des déceptions, des chiens que j’aurais aimé conserver mais que j’ai finalement écartés de la reproduction, des décisions difficiles, des erreurs d’appréciation et des périodes pendant lesquelles je me suis demandé si certaines de mes pratiques étaient réellement les bonnes.

Ces moments ont évidemment une dimension émotionnelle. Mais ils ont surtout une fonction dans ce récit : ils expliquent pourquoi D’Hixa’s Stories en 2026 ne peut pas être compris uniquement à travers ce qui a fonctionné.

Une sélection se construit autant par ce que l’on conserve que par ce à quoi l’on renonce. Une manière d’élever se construit autant par les pratiques que l’on confirme que par celles que l’on accepte de modifier.

🐾 Ce que je sais aujourd’hui n’est pas ce que je saurai demain

Après dix ans, j’ai davantage d’expérience qu’au moment de la naissance de My First en septembre 2016. J’ai également davantage de connaissances, davantage de générations à observer et beaucoup plus de situations auxquelles comparer ce que je vois aujourd’hui.

Cette expérience me donne des repères. Elle ne me donne pas toutes les réponses.

Je ne souhaite donc pas présenter le fonctionnement actuel de D’Hixa’s Stories comme un modèle arrivé à sa forme définitive. Les pratiques que j’utilise aujourd’hui sont celles qui me paraissent les plus cohérentes avec ce que j’ai appris jusqu’ici, avec mes chiens et avec la manière dont je souhaite exercer mon métier.

Si de nouvelles connaissances, de nouvelles observations ou simplement un chien me montrent demain qu’une pratique peut être améliorée, elle devra pouvoir évoluer.

C’est probablement l’un des changements les plus importants entre 2016 et 2026. Au début, apprendre consistait souvent pour moi à chercher des réponses. Dix ans plus tard, l’expérience m’a aussi appris à conserver certaines questions ouvertes.

🌿 2026 n’est donc pas un aboutissement

Le dixième anniversaire de D’Hixa’s Stories constitue une date importante parce qu’il permet de regarder le chemin parcouru. Il ne marque pourtant ni la fin de la construction de mes lignées, ni celle de ma manière d’élever.

Les générations suivantes apporteront d’autres informations. Les chiens continueront à me confronter à des situations nouvelles. Les familles feront évoluer certaines de mes réflexions par leurs retours. Les connaissances sur le comportement, la santé, la nutrition ou la sélection continueront elles aussi à progresser.

Je peux aujourd’hui expliquer pourquoi je fais certains choix beaucoup plus précisément qu’en 2016. Mais je souhaite conserver la possibilité de les questionner demain.

C’est dans ce sens que je préfère parler de dix ans de construction plutôt que de dix ans de perfection.

D’Hixa’s Stories est devenu un élevage professionnel, des lignées se sont construites, ma compréhension du Border Terrier a évolué et l’accompagnement des chiots comme des familles s’est profondément enrichi. Mais derrière ces évolutions reste le même principe : observer ce que les chiens m’apprennent et accepter que le vivant conserve toujours une part que je ne maîtrise pas.

Ces dix années permettent maintenant de répondre plus clairement à certaines questions que peuvent se poser les personnes qui découvrent D’Hixa’s Stories : comment mes lignées sont-elles construites ? Pourquoi rechercher leur ouverture ? Comment les chiots sont-ils préparés ? Comment leur tempérament est-il observé ? Quelle place les familles occupent-elles dans leur parcours ?

❓ FAQ : comprendre D’Hixa’s Stories, ses lignées et sa manière d’élever

Après dix années, certaines questions permettent de comprendre plus directement ce qui distingue l’histoire de D’Hixa’s Stories de son fonctionnement actuel. Cette FAQ revient sur la naissance de l’élevage de Border Terrier, la construction et l’ouverture de ses lignées, la sélection des reproducteurs, la préparation des chiots et la place des familles dans leur parcours.

🕰️ L’histoire de l’élevage D’Hixa’s Stories

🐾 Quand l’élevage de Border Terrier D’Hixa’s Stories a-t-il été créé ?

Je considère le 21 septembre 2016 comme la date de naissance de D’Hixa’s Stories. Ce jour-là naissait la première portée portant mon affixe, issue de Hixa et de Brackenfell Bok To Bach, dit Grimley : cinq mâles et une femelle. My First D’Hixa’s Stories, que j’ai finalement conservé, est né dans cette première portée.

L’histoire avait pourtant commencé plusieurs années auparavant. Jack entre dans ma vie en 2012 après son adoption en refuge, puis Hixa me fait découvrir la même année le Border Terrier. Les années suivantes sont celles du club canin, de l’obéissance, de l’agility, des randonnées, des premières expositions et surtout de la découverte progressive de la race et de ses lignées. Ce n’est qu’en 2015 que commencent mes premières véritables réflexions autour de la reproduction et de la sélection.

D’Hixa’s Stories est donc né officiellement avec une portée en 2016, mais sa manière de penser le Border Terrier s’est construite bien avant et continue encore d’évoluer aujourd’hui.

🐕 Pourquoi Hixa et Jack sont-ils importants dans l’histoire de D’Hixa’s Stories ?

Parce que l’histoire ne commence pas avec un projet professionnel d’élevage.

Jack, adopté en refuge, a été mon premier véritable compagnon dans cette construction. Avec lui, j’ai découvert le club canin, l’éducation, mais aussi les limites de ce que je comprenais alors du comportement d’un chien. Hixa, arrivée quelques mois plus tard en 2012, n’avait elle-même pas été choisie pour devenir la fondatrice d’un élevage : elle devait simplement partager ma vie.

C’est avec eux que j’ai commencé à observer deux chiens très différents, à pratiquer des activités et à découvrir progressivement le Border Terrier. Hixa m’a ensuite conduit vers la confirmation, les premières expositions, l’étude des pedigrees puis le Royaume-Uni.

C’est pourquoi je ne présente jamais Jack comme le chien qui aurait simplement précédé Hixa. Jack et Hixa constituent ensemble les racines de D’Hixa’s Stories, même si seul l’un d’eux apparaît dans les pedigrees. L’article consacré aux 14 ans de vie commune avec Hixa permet d’ailleurs de raconter cette relation sous un angle beaucoup plus personnel.

👨‍🌾 D’Hixa’s Stories était-il destiné dès 2016 à devenir un élevage professionnel ?

Non. En septembre 2016, mon objectif n’était pas de faire de l’élevage mon métier.

L’entreprise n’est créée qu’au 1er janvier 2019, parce que deux portées étaient alors prévues. Je travaillais encore chez Gamm Vert et, après mon départ de l’entreprise quelques mois plus tard, les démarches effectuées avec France Travail avaient justement montré que l’élevage n’était pas encore économiquement suffisant pour constituer mon unique activité.

Plusieurs emplois ont donc accompagné le développement de D’Hixa’s Stories. J’ai cessé les emplois parallèles en 2021, avant une nouvelle étape en septembre 2024 lorsque je suis devenu chef d’exploitation et que l’élevage est devenu mon activité professionnelle à part entière.

Présenter cette évolution comme une vocation professionnelle décidée dès 2016 réécrirait donc l’histoire. D’Hixa’s Stories est progressivement devenu mon métier à mesure que l’élevage prenait une place différente dans ma vie.

🧬 La sélection et les lignées Border Terrier D’Hixa’s Stories

🧬 Comment les lignées de Border Terrier D’Hixa’s Stories ont-elles été construites ?

Je n’ai pas construit une seule lignée fermée autour de Hixa. Dès les premières années, j’ai au contraire cherché à faire entrer des origines différentes afin de pouvoir construire plusieurs branches complémentaires.

Hixa constitue l’une des origines historiques avec notamment My First puis Pandore. Magical a permis de développer une autre branche dont sont issus Okami puis Rheia. L’arrivée d’Elite Eleanor depuis la République tchèque a créé une autre ouverture, dont est notamment issu Round And Around D’Hixa’s Stories.

Ces branches se sont ensuite rencontrées à certains endroits du pedigree : Pandore a donné Sakti ; Sakti associée à Round a donné Umā ; Pandore associée à Baywillow Blue Roller a donné Urka et Ulysse. D’autres apports extérieurs ont ensuite permis de continuer à ouvrir ces constructions.

Je cherche ainsi à construire sur plusieurs générations sans transformer une lignée en cercle fermé. Le pedigree permet de prévoir une direction ; les chiens qui naissent permettent ensuite de vérifier, nuancer ou parfois abandonner cette direction.

🌍 Pourquoi rechercher régulièrement de nouvelles lignées de Border Terrier ?

Parce que construire plusieurs générations ne signifie pas chercher à reproduire indéfiniment entre les descendants de mes propres chiens.

Plus une construction généalogique avance, plus il devient nécessaire de regarder les relations entre les différentes branches et de conserver suffisamment d’espace pour les générations suivantes. C’est notamment ce qui explique certains choix de mâles extérieurs, mais également l’introduction de chiens provenant de lignées nouvelles pour D’Hixa’s Stories.

Luana illustre particulièrement cette démarche : son intérêt résidait notamment dans une généalogie extérieure aux branches historiques issues de Hixa, Magical et Elite Eleanor. Son mariage avec Ulysse a ensuite donné Antias en 2025.

La recherche d’ouverture n’est cependant pas un objectif isolé. Elle doit rester compatible avec les autres dimensions de ma sélection : santé, morphologie fonctionnelle, caractère et observations des générations précédentes. Un faible coefficient de consanguinité est une information généalogique utile ; il ne suffit pas, à lui seul, à définir la qualité d’un mariage.

🐕 Comment choisissez-vous un Border Terrier destiné à la reproduction ?

Je ne sélectionne pas un futur reproducteur sur un seul critère et encore moins uniquement sur son apparence.

Le pedigree constitue un premier niveau de réflexion : j’étudie les origines, les relations entre les branches et ce qu’un chien pourrait apporter aux générations suivantes. La santé fait partie de cette réflexion, tout comme la morphologie, que je cherche à considérer sous l’angle de la fonctionnalité et pas seulement du résultat en exposition. Mon article consacré à l’anticlinale et au standard du Border Terrier, entre exposition et fonctionnalité, développe plus précisément cette approche.

Mais vivre avec plusieurs générations m’a conduit à donner également davantage de place au comportement : équilibre émotionnel, capacité d’adaptation, relation avec l’humain, autonomie, récupération après une émotion ou manière de communiquer avec les autres chiens.

Aucun de ces éléments n’est observé isolément. Sélectionner consiste à rechercher un ensemble cohérent, tout en sachant qu’un jeune chien peut encore évoluer et que sa place dans un programme de reproduction ne doit jamais être considérée comme acquise trop tôt.

🔄 Pourquoi certains chiens D’Hixa’s Stories sont-ils écartés du programme de reproduction ?

Parce que conserver un chiot avec l’intention éventuelle de reproduire avec lui ne constitue jamais une promesse qu’il deviendra reproducteur.

Au fil des générations, certains chiens que j’avais envisagé de conserver sont sortis du programme pour différentes raisons : dentition, poil, cohérence du pedigree avec les chiens disponibles ou autres caractéristiques qui ne correspondaient finalement pas à la direction recherchée. D’autres ont transmis ce que j’attendais en peu de portées et ont pu prendre leur retraite relativement jeunes.

Cette possibilité de renoncer fait partie intégrante de la sélection. Elle évite de chercher à justifier après coup un choix simplement parce qu’un chien vit déjà à l’élevage ou parce que j’y suis attaché.

L’histoire de Round And Around D’Hixa’s Stories et de sa retraite comme père fondateur d’une lignée montre également qu’un chien n’a pas besoin de reproduire pendant de nombreuses années pour laisser une empreinte importante dans une construction généalogique.

Une lignée se construit autant avec les chiens que l’on choisit de faire reproduire qu’avec les décisions de ne pas poursuivre avec certains d’entre eux.

🌱 La manière d’élever les Border Terrier D’Hixa’s Stories aujourd’hui

🌱 Comment les chiots Border Terrier D’Hixa’s Stories sont-ils préparés avant leur départ ?

La préparation des chiots s’est considérablement développée depuis la première portée de 2016. Elle ne consiste pas à accumuler le plus grand nombre possible de stimulations ni à essayer de produire, en quelques semaines, un chiot déjà « éduqué ».

Au cours de leur développement, mes chiots découvrent progressivement différents environnements et situations : vie quotidienne, jardin, voiture, premières expériences en laisse, rencontres avec des congénères et sorties adaptées à leur âge. Le sommeil, les temps de calme, l’individualisation, de courtes expériences d’autonomie et l’observation des réactions de chaque chiot ont également pris une place importante.

Je cherche surtout à observer comment chaque chiot vit une expérience et comment il retrouve son équilibre après celle-ci. Deux chiots d’une même portée peuvent recevoir la même proposition et la vivre très différemment.

Préparer un chiot Border Terrier signifie donc pour moi lui donner progressivement des bases pour sa future vie familiale. Cela ne signifie jamais fabriquer ni promettre un chiot parfait.

👀 À quel âge choisissez-vous le chiot Border Terrier correspondant à chaque famille ?

Je préfère laisser aux chiots le temps de se développer avant de considérer que leur tempérament commence à fournir suffisamment d’informations utiles pour orienter un choix.

Les premières semaines permettent d’observer progressivement les différences entre individus : manière d’explorer, relation à l’humain, interactions avec la fratrie, réactions face à la nouveauté, autonomie ou récupération émotionnelle. Mais une observation précoce ne permet jamais de prédire complètement le futur chien adulte.

C’est aussi la raison pour laquelle le choix ne repose pas uniquement sur une préférence physique ou sur le premier chiot qui vient spontanément vers une personne. Je croise progressivement ce que j’observe des chiots avec ce que je connais des familles grâce au formulaire, aux échanges et aux rencontres.

L’article « Pourquoi attendre six semaines avant de choisir son chiot ? » approfondit précisément cette démarche. Attendre ne donne pas une certitude ; cela permet simplement de décider avec davantage d’informations.

🤝 Comment se déroule l’adoption d’un chiot Border Terrier chez D’Hixa’s Stories ?

L’adoption commence bien avant le jour du départ.

Je souhaite d’abord comprendre le projet de la famille et lui permettre, en retour, de comprendre le Border Terrier et le fonctionnement de D’Hixa’s Stories. Le parcours comprend donc des échanges, un formulaire d’adoption, une première rencontre puis plusieurs visites au cours du développement du chiot. Ces rencontres permettent aux futurs adoptants de suivre son évolution et d’entrer progressivement dans son histoire.

Cette démarche explique aussi pourquoi la disponibilité immédiate d’un chiot n’est pas mon premier critère. Mon article « Pourquoi choisir l’éthique plutôt que la disponibilité ? » développe cette question, tandis que « Adopter un chiot Border Terrier : comprendre la complexité des attentes » revient sur la nécessaire rencontre entre les attentes humaines et le chien réel.

Après le départ, la relation avec D’Hixa’s Stories ne s’arrête pas. Les retours des familles permettent d’accompagner certaines situations, mais ils enrichissent également ma connaissance des chiens et des lignées que j’ai fait naître.

🧠 Pourquoi votre manière d’éduquer et d’élever les Border Terrier a-t-elle changé depuis 2016 ?

Parce que dix années passées avec plusieurs générations de chiens m’ont apporté des situations que je ne pouvais pas connaître au début de D’Hixa’s Stories.

Mes premières expériences en club canin avec Jack et Hixa étaient davantage centrées sur les comportements attendus et l’obéissance. Je ne renie pas cette période, mais mon regard s’est progressivement déplacé vers une autre question : avant de chercher à obtenir un comportement, qu’est-ce que le chien est en train de vivre et pourquoi agit-il ainsi ?

Les formations, les professionnels rencontrés et l’observation quotidienne des chiens ont donné davantage de place à la communication canine, aux émotions, à la récupération, à l’autonomie et au contexte dans lequel apparaît un comportement. C’est aussi la raison pour laquelle la page consacrée à l’éducation du Border Terrier ne présente pas l’éducation comme une simple succession d’ordres à apprendre.

Cette évolution influence désormais la préparation des chiots, la gestion du groupe, l’accompagnement des familles et même certains critères de sélection. Ma manière d’élever en 2026 est le résultat de ce que j’ai appris jusqu’ici, pas une méthode que je considère comme définitivement achevée.

🐕 Un chiot D’Hixa’s Stories est-il forcément un Border Terrier « bien dans ses pattes » ?

Je peux travailler pour donner à chaque chiot des conditions favorables à son développement. Je ne peux pas promettre ce qu’il deviendra.

La génétique intervient, mais elle ne détermine pas seule le futur comportement. Les premières semaines vécues à l’élevage ont leur importance, tout comme les expériences qui suivront après le départ, l’environnement de vie, les apprentissages, les relations sociales et les événements auxquels le chien sera confronté.

L’expression « bien dans ses pattes » ne doit donc pas devenir une promesse commerciale laissant croire qu’un chiot correctement préparé ne connaîtra jamais la peur, la frustration, l’excitation ou une difficulté comportementale. Ces émotions font partie de la vie d’un chien.

Mon rôle d’éleveur consiste à sélectionner, préparer, observer et transmettre le plus d’informations possible à la famille, puis à rester disponible lorsque le chien poursuit son développement. Celui de l’adoptant commence bien avant le départ et continue pendant toute la vie du chien.

C’est aussi l’une des principales leçons de ces dix années : élever avec attention permet de mieux préparer l’avenir, jamais de supprimer l’imprévisibilité du vivant.

📚 Sources et références

Les réflexions développées dans cet article reposent principalement sur dix années d’expérience au sein de D’Hixa’s Stories, sur l’observation de plusieurs générations de Border Terrier et sur l’évolution de mes pratiques d’élevage et de sélection. Pour approfondir les références officielles concernant la race, son standard et sa santé :

Fédération Cynologique Internationale (FCI) — Standard officiel du Border Terrier, standard n° 10. Référence internationale pour l’origine, la classification, la morphologie et les caractéristiques fonctionnelles de la race. La FCI classe notamment le Border Terrier dans le groupe 3 des Terriers et rappelle sa définition historique comme Terrier de travail.

Consulter le standard officiel du Border Terrier – FCI

The Border Terrier Club — Breed Standard. Source britannique complémentaire particulièrement pertinente pour replacer le Border Terrier dans son pays d’origine et dans sa dimension fonctionnelle ; le standard britannique rappelle lui aussi qu’il s’agit fondamentalement d’un Terrier de travail.

Consulter le standard du Border Terrier – The Border Terrier Club

The Border Terrier Club — Breed Health. Le club britannique renvoie vers le travail commun des clubs de race consacré au suivi de la santé du Border Terrier et aux initiatives sanitaires concernant la race.
Consulter les ressources santé du Border Terrier Club

🌿 Dix ans plus tard, continuer à construire

Le 21 septembre 2016, avec la naissance de la première portée D’Hixa’s Stories, je ne pouvais pas savoir ce que ces chiens allaient construire autour de moi. Je pouvais étudier des pedigrees, imaginer certains mariages et commencer à définir ce que je recherchais chez un Border Terrier, mais il m’était impossible d’anticiper les générations qui suivraient, les rencontres qu’elles provoqueraient ou la manière dont elles transformeraient progressivement mon regard sur l’élevage.

Dix ans plus tard, je ne souhaite pas refermer cette histoire en donnant l’impression qu’elle serait arrivée à destination.

Les Border Terrier qui vivent aujourd’hui à mes côtés portent une partie de ce qui a été construit depuis Hixa, Magical et Elite Eleanor, mais également les apports de lignées extérieures que j’ai choisi d’introduire au fil des générations. Certains transmettront peut-être à leur tour une partie de cette histoire. D’autres prendront une direction différente de celle que j’avais imaginée. De nouveaux chiens, de nouvelles lignées et de nouvelles rencontres viendront probablement modifier ce que je pensais pourtant avoir prévu.

C’est précisément ce qui rend la suite intéressante.

🧬 Continuer à sélectionner sans enfermer ce qui a été construit

Après plusieurs générations, l’enjeu n’est plus simplement de poursuivre une lignée parce qu’elle porte le nom D’Hixa’s Stories. Il est de savoir ce qui mérite réellement d’être transmis et, lorsque cela devient nécessaire, d’avoir suffisamment de liberté pour aller chercher ailleurs ce qui manque à ma propre construction.

Je souhaite continuer à rechercher cet équilibre entre la santé, la diversité génétique, la morphologie fonctionnelle, le caractère et ce que l’observation quotidienne m’apprend des chiens. Cela suppose de conserver certaines qualités présentes depuis plusieurs générations, mais aussi de continuer à ouvrir mes pedigrees et à accepter qu’un chien puisse ne pas poursuivre la voie que j’avais imaginée pour lui.

L’avenir de D’Hixa’s Stories ne sera donc pas de préserver à tout prix ce qui a été construit pendant dix ans, mais de continuer à le faire évoluer sans perdre le sens des choix qui l’ont construit.

🐾 Les prochaines générations auront encore quelque chose à m’apprendre

Les chiens à venir ne seront pas simplement la continuité généalogique de ceux qui les ont précédés.

Chaque portée apportera de nouvelles observations. Certains chiots confirmeront peut-être ce que j’espérais d’un mariage ; d’autres feront apparaître des caractéristiques auxquelles je n’avais pas pensé. Les chiens que je conserverai devront eux aussi grandir, évoluer et montrer ce qu’ils sont avant que leur place éventuelle dans la sélection puisse être considérée.

Cette manière de regarder l’avenir est devenue essentielle pour moi. Un pedigree permet de construire une hypothèse. Le chien qui naît reste toujours celui qui apporte la réponse.

C’est également vrai au-delà de la sélection. Ma manière de préparer les chiots, de comprendre leurs émotions, d’organiser la vie quotidienne, de travailler leur autonomie ou d’accompagner les familles continuera nécessairement à évoluer. Les connaissances progressent, les professionnels avec lesquels j’échange apportent de nouveaux regards et les chiens eux-mêmes continuent parfois à remettre en question ce que je pensais avoir compris.

🤝 Continuer à construire avec les familles et les rencontres

Les prochaines années de D’Hixa’s Stories ne s’écriront pas uniquement à travers les prochaines portées.

Elles continueront à s’écrire avec les familles qui entreront dans la maison pour la première fois, celles qui reviendront donner des nouvelles plusieurs années après un départ, les éleveurs avec lesquels de futurs projets pourront se construire, les professionnels qui accompagneront mes chiens et les personnes qui partageront une partie de cette histoire.

Je souhaite conserver cette dimension parce qu’elle donne du sens à ce que l’élevage est progressivement devenu. Faire naître un Border Terrier ne représente que quelques semaines dans une vie qui pourra durer de nombreuses années. Le travail réalisé avant sa naissance et pendant ses premières semaines prend véritablement son sens lorsqu’il rencontre ensuite une famille capable de poursuivre cette histoire avec lui.

Et leurs retours continueront eux aussi à m’apprendre quelque chose sur les chiens que j’ai fait naître.

✍️ Continuer à transmettre ce que les chiens m’apprennent

Le site D’Hixa’s Stories poursuivra également cette évolution.

Je souhaite qu’il reste un espace où un futur adoptant puisse découvrir mes chiens et comprendre mon fonctionnement, mais également un lieu où je peux expliquer plus largement ce que dix années avec le Border Terrier m’ont appris sur la sélection, le comportement, l’éducation, la socialisation, l’alimentation, l’adoption et la vie quotidienne avec cette race.

Les prochains articles ne seront donc pas destinés à figer une méthode D’Hixa’s Stories. Ils devront au contraire continuer à documenter son évolution, y compris lorsque de nouvelles observations m’amèneront à nuancer ou à modifier ce que j’ai pu écrire auparavant.

Transmettre une expérience ne signifie pas transformer cette expérience en certitude.

🌱 La suite reste à écrire

En septembre 2026, D’Hixa’s Stories a dix ans.

Cette date permet de regarder derrière moi et de comprendre le chemin qui relie Jack et Hixa aux générations qui vivent aujourd’hui à mes côtés. Mais lorsque je regarde mes chiens, je pense surtout à ce qui n’existe pas encore : les prochains mariages, les chiots qui naîtront, les caractères que je découvrirai, les lignées qui évolueront, les familles que je ne connais pas encore et probablement quelques décisions que je n’imagine même pas devoir prendre aujourd’hui.

Je ne sais pas exactement ce que sera D’Hixa’s Stories dans dix ans, et finalement, je ne souhaite pas le savoir entièrement.

Je souhaite simplement pouvoir continuer à observer, sélectionner, apprendre, remettre en question lorsque cela sera nécessaire et transmettre ce que les chiens m’auront appris en chemin.

Parce qu’après dix ans, l’histoire de D’Hixa’s Stories n’est pas terminée. Les prochaines générations commencent déjà à l’écrire.

Rendez-vous chez D’Hixa’s Stories pour découvrir ces précieux compagnons, et profitez de cet accompagnement unique pour vivre une expérience enrichissante avec votre futur Border terrier.

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