La sociabilité Border Terrier est un sujet qui mérite d’être abordé avec nuance. Derrière le tempérament vif et attachant de ce petit terrier se cachent des comportements sociaux qui varient selon les individus, leurs expériences et leur environnement.
Le Border Terrier est-il sociable avec les autres chiens ? Oui, il peut être un compagnon sociable, capable de développer de belles relations avec ses congénères. Mais cette disposition n’est ni automatique ni identique chez tous les individus. Elle dépend de son tempérament, de ses expériences, de son développement et de la manière dont nous accompagnons ses rencontres.
Chez D’Hixa’s Stories, en Normandie, la sociabilité du Border Terrier occupe une place importante dans mon travail d’éleveur-sélectionneur. Vivre quotidiennement avec plusieurs chiens m’a appris qu’il existe autant de façons d’être sociable que de personnalités. Certains recherchent volontiers le jeu, d’autres préfèrent observer, tandis que quelques-uns apprécient surtout la tranquillité d’une présence familière.
Ces différences méritent d’être comprises plutôt que corrigées systématiquement. Un chien qui ne souhaite pas jouer avec tous ceux qu’il croise n’est pas nécessairement mal socialisé. À l’inverse, un chien enthousiaste à chaque rencontre ne possède pas forcément toutes les compétences nécessaires pour communiquer harmonieusement.
Cette distinction me paraît essentielle, notamment pour les familles qui envisagent d’accueillir leur premier Border Terrier ou de lui offrir un compagnon.
À travers cet article, je souhaite partager ce que m’enseignent mes chiens, les connaissances disponibles sur le comportement canin et les observations de trois professionnelles qui connaissent des Border Terriers issus de mon élevage : Nelly Demestre, Claire Bonin et Delphine.
Mon intention n’est pas de présenter le Border Terrier comme un chien idéal en toutes circonstances, mais de mieux comprendre ce qui favorise des relations équilibrées entre congénères, sans oublier les difficultés qui peuvent parfois apparaître.
🐕 1. Aux origines du Border Terrier : un chien de chasse habitué à évoluer avec d’autres chiens
Un petit terrier façonné par les paysages des Borders
Pour comprendre certains comportements du Border Terrier contemporain, il est intéressant de revenir à son histoire.
Originaire de la région frontalière entre l’Angleterre et l’Écosse, ce petit terrier rustique a été développé pour accompagner les activités de chasse, notamment celles impliquant les foxhounds, et poursuivre le renard jusque dans son terrier.
Son travail exigeait de l’endurance, de la détermination et une certaine capacité d’adaptation. Il devait pouvoir suivre les déplacements de chiens plus grands que lui, tout en conservant les aptitudes particulières nécessaires au travail sous terre.
Cette proximité historique avec les chiens courants constitue un élément intéressant de son héritage. Elle permet de comprendre pourquoi la capacité à évoluer dans un environnement où se trouvent d’autres chiens pouvait représenter un avantage fonctionnel.
Il serait néanmoins excessif d’en conclure que tous les Border Terriers actuels possèdent naturellement une sociabilité remarquable.
L’histoire d’une race éclaire certaines aptitudes recherchées par les éleveurs d’autrefois ; elle ne détermine pas à elle seule le comportement de chaque chien aujourd’hui.
Travailler auprès d’autres chiens ne signifie pas rechercher leur compagnie
Il existe une différence importante entre la capacité à accomplir une tâche en présence de congénères et le plaisir de développer des relations sociales avec eux.
Un chien peut parfaitement tolérer la proximité d’autres individus dans un contexte précis sans rechercher leur compagnie dans toutes les situations.
De la même manière, la détermination du Border Terrier à poursuivre une proie ne doit pas être confondue avec son comportement envers les autres chiens.
L’instinct de prédation, les interactions sociales et les comportements de jeu répondent à des motivations différentes, même si certaines manifestations peuvent parfois se ressembler.
Cette nuance est particulièrement importante pour une race dont l’histoire reste étroitement associée à la chasse.
Un héritage qui rencontre des personnalités individuelles
Aujourd’hui, le Border Terrier est principalement apprécié comme chien de compagnie, même si son héritage de terrier demeure présent.
Il conserve souvent une grande curiosité, de l’énergie, de la persévérance et un réel intérêt pour son environnement. Ces caractéristiques peuvent influencer sa manière d’aborder une rencontre, sans permettre de prédire à elles seules son comportement social.
Dans mon travail de sélection, je considère donc l’histoire de la race comme un point de départ, jamais comme une garantie.
Ce qui m’intéresse, c’est aussi l’individu que j’ai devant moi : sa manière de réagir à la nouveauté, de retrouver son calme, d’accepter une frustration et d’évoluer auprès des autres chiens.
🔎 2. Le Border Terrier est-il naturellement sociable ? Dépasser les idées reçues
Ni un chien systématiquement sociable, ni un terrier condamné aux conflits
Deux affirmations reviennent régulièrement lorsqu’on évoque les terriers.
La première consiste à penser qu’un Border Terrier, parce qu’il appartient à une race historiquement habituée à travailler auprès d’autres chiens, s’entendra nécessairement avec tous ses congénères.
La seconde suppose qu’un terrier, en raison de son tempérament affirmé et de son passé de chasseur, serait naturellement porté vers les conflits.
Aucune de ces généralisations ne permet de comprendre correctement un individu.
Un Border Terrier peut apprécier les interactions sociales, entretenir des affinités durables et partager paisiblement son quotidien avec d’autres chiens. Il peut également se montrer plus réservé, sélectif dans ses relations ou inconfortable dans certaines situations.
Ces comportements doivent être interprétés dans leur contexte plutôt qu’à travers une étiquette liée à la race.
La sociabilité ne se mesure pas au nombre de copains
J’accorde beaucoup d’importance à cette idée : un chien sociable n’est pas nécessairement un chien qui souhaite rencontrer, saluer ou jouer avec tous les autres.
Nous avons parfois tendance à considérer qu’une rencontre réussie doit obligatoirement se terminer par une séance de jeu.
Pourtant, deux chiens qui se croisent calmement, s’observent brièvement puis poursuivent leur chemin peuvent avoir vécu une interaction tout à fait satisfaisante.
À l’inverse, des jeux très intenses ne sont pas systématiquement synonymes de bien-être partagé.
L’enjeu n’est donc pas de multiplier les contacts, mais de permettre au chien d’apprendre à évoluer sereinement en présence de ses congénères, en respectant leurs limites comme les siennes.
La responsabilité de l’éleveur et celle de la famille
La sélection des reproducteurs, les premières expériences du chiot et la qualité de son environnement participent à la construction de ses futures relations sociales.
Mais mon travail ne peut pas, à lui seul, déterminer le comportement qu’il adoptera tout au long de sa vie.
Après son départ de l’élevage, ses expériences continueront à façonner sa manière d’aborder les autres chiens. Certaines rencontres renforceront sa confiance ; d’autres pourront nécessiter davantage d’accompagnement.
C’est pourquoi je considère que l’élevage et la famille ont des responsabilités complémentaires.
Mon rôle consiste à préparer le chiot, à observer ses particularités et à transmettre aux adoptants les éléments qui leur permettront de poursuivre cet accompagnement avec discernement.
La suite de cet article permettra de comprendre plus précisément comment se construisent les compétences sociales du Border Terrier, comment reconnaître ses signaux de communication et pourquoi deux chiens d’une même race peuvent entretenir des relations très différentes avec leurs congénères.
Après avoir exploré les origines du Border Terrier et les représentations qui entourent son tempérament, une question demeure : comment un chien apprend-il concrètement à comprendre ses congénères et à trouver sa place parmi eux ?
La réponse se trouve moins dans une caractéristique propre à la race que dans un ensemble de mécanismes comportementaux, d’expériences et d’apprentissages. Pour les comprendre, il faut d’abord s’intéresser à la manière dont les chiens communiquent, souvent bien avant qu’un aboiement ou un grognement ne se fasse entendre.
🤝 3. Comprendre la sociabilité du Border Terrier et ses compétences sociales
Sociabilité, socialisation et compétences sociales : trois notions complémentaires
Ces trois termes sont souvent employés comme des synonymes. Pourtant, ils décrivent des dimensions différentes du comportement canin.
La sociabilité désigne la disposition d’un chien à établir et à entretenir des relations avec d’autres individus. Elle peut s’exprimer par la recherche de proximité, les interactions amicales ou la capacité à maintenir des relations familières.
La socialisation correspond au processus par lequel le chiot se familiarise progressivement avec les êtres vivants, les environnements et les situations qu’il rencontrera. Elle est particulièrement importante durant les premières semaines de développement, mais les expériences sociales et les apprentissages se poursuivent tout au long de la vie.
Les compétences sociales, quant à elles, permettent au chien d’interpréter les signaux de ses congénères et d’adapter son comportement en conséquence.
Ces trois dimensions sont liées, sans être interchangeables. Un chien peut rechercher fréquemment le contact tout en éprouvant des difficultés à respecter les limites exprimées par ses partenaires.
C’est pourquoi je m’intéresse autant à la qualité des interactions qu’à leur fréquence.
Le langage corporel : une conversation souvent silencieuse
Les chiens communiquent principalement à travers un ensemble de signaux visuels, olfactifs, tactiles et sonores.
La position du corps, l’orientation de la tête, les mouvements de la queue, les expressions faciales ou encore la manière de se déplacer participent à cette communication.
Un Border Terrier qui ralentit son approche, décrit une courbe plutôt que d’avancer directement ou détourne brièvement la tête peut contribuer à rendre une rencontre moins intrusive.
À l’inverse, une immobilité soudaine, un corps fortement tendu, un regard fixe ou une approche insistante peuvent signaler une situation nécessitant davantage d’attention.
Aucun de ces comportements ne doit cependant être interprété isolément.
Une queue qui remue, par exemple, traduit une activation émotionnelle, mais ne garantit pas une intention amicale. De même, un grognement peut constituer un avertissement destiné à augmenter la distance plutôt qu’une volonté immédiate d’attaquer.
Comprendre un chien consiste à observer plusieurs signaux simultanément, leur évolution et le contexte dans lequel ils apparaissent.
Cette lecture demande de l’expérience, mais elle reste accessible aux propriétaires qui prennent le temps d’observer sans chercher à intervenir à chaque mouvement.
Distances, évitement et signaux d’apaisement
La distance entre deux chiens joue un rôle important dans leurs interactions.
Certains individus acceptent facilement une approche rapprochée. D’autres ont besoin de davantage d’espace pour observer et évaluer la situation.
Lorsqu’un chien détourne le regard, s’écarte ou choisit de contourner un congénère, il peut chercher à éviter une interaction trop intense.
Ces comportements sont parfois regroupés sous l’expression « signaux d’apaisement ». Celle-ci est utile pour sensibiliser les propriétaires à la communication canine, mais elle ne doit pas conduire à attribuer une fonction apaisante systématique à chaque mouvement.
Un léchage de truffe, un bâillement ou un détournement de tête peuvent avoir plusieurs significations selon les circonstances.
Je préfère donc considérer ces manifestations comme des informations à interpréter plutôt que comme un langage dont chaque geste posséderait une traduction unique.
Respecter une tentative d’éloignement permet souvent d’éviter qu’un chien soit contraint d’utiliser des signaux plus démonstratifs pour se faire comprendre.
Le jeu : reconnaître une interaction réellement partagée
Le jeu entre chiens peut prendre des formes variées : poursuites, déplacements rapides, contacts corporels ou invitations accompagnées de postures caractéristiques.
La révérence de jeu, avec l’avant du corps abaissé et l’arrière-train relevé, constitue l’un des signaux les plus reconnaissables.
Pour autant, une interaction ludique ne se résume pas à cette posture.
J’observe surtout si les partenaires semblent pouvoir participer librement, interrompre l’échange et reprendre contact sans contrainte.
Les changements de rôle, les pauses et l’adaptation de l’intensité sont des éléments intéressants à considérer.
Lorsque l’un des chiens cherche régulièrement à s’éloigner tandis que l’autre poursuit avec insistance, il devient nécessaire de réévaluer la situation.
Une intervention calme, permettant une interruption temporaire, peut alors aider à vérifier si les deux partenaires souhaitent réellement continuer.
L’objectif n’est pas d’empêcher les jeux énergiques, mais de distinguer une activité partagée d’une interaction devenue déséquilibrée.
🧬 4. Comment se construisent les relations sociales du chiot Border Terrier ?
Les premières semaines : une période particulièrement sensible
Le développement comportemental du chiot commence bien avant son arrivée dans sa famille.
Les interactions avec sa mère, sa fratrie et son environnement contribuent progressivement à l’acquisition de capacités motrices, émotionnelles et sociales.
Chez le chien, la période sensible de socialisation est généralement située approximativement entre la troisième et la douzième à quatorzième semaine, avec des variations individuelles.
Durant cette période, les expériences peuvent influencer durablement la manière dont le chiot réagit à la nouveauté.
Il ne s’agit cependant pas d’une échéance au-delà de laquelle tout apprentissage deviendrait impossible.
Les chiens continuent d’apprendre à l’âge adulte, même si certaines expériences précoces peuvent avoir une influence particulièrement importante.
La qualité des expériences plutôt que leur accumulation
Socialiser un chiot ne consiste pas à lui présenter le plus grand nombre possible de chiens.
Une rencontre mal adaptée, trop intense ou impossible à interrompre peut produire l’effet inverse de celui recherché.
Je privilégie une approche progressive, dans laquelle le chiot conserve la possibilité d’observer, de s’approcher ou de prendre ses distances.
Le tempérament des chiens rencontrés, leur capacité à communiquer et les conditions de l’environnement comptent davantage que le nombre de contacts réalisés.
La diversité reste intéressante, notamment pour découvrir différentes morphologies, tailles et façons de se déplacer, à condition de préserver la sécurité et le confort émotionnel de chacun.
Un grand chien calme peut constituer un partenaire approprié pour un petit Border Terrier, tandis qu’un chien de taille comparable mais particulièrement insistant peut rendre l’expérience difficile.
La différence de gabarit nécessite néanmoins une vigilance supplémentaire, notamment face aux risques de blessures accidentelles.
L’adolescence : une période de réorganisation
Avec la maturation, les comportements sociaux peuvent évoluer.
Un Border Terrier auparavant très disponible pour les interactions peut devenir plus sélectif. Certains jeunes chiens manifestent davantage d’excitation, de frustration ou de difficultés à interrompre une activité stimulante.
Ces changements ne signifient pas nécessairement que la socialisation initiale a échoué.
L’adolescence s’accompagne de transformations hormonales, émotionnelles et comportementales dont l’expression varie considérablement selon les individus.
Je considère cette période comme une étape qui demande de la cohérence, de la patience et des attentes adaptées.
Multiplier les rencontres pour tenter de retrouver à tout prix le comportement du jeune chiot n’est pas toujours la meilleure solution.
Il peut être plus pertinent de réduire temporairement leur intensité, de travailler à distance et de valoriser les comportements compatibles avec une présence sereine des congénères.
La maturité et le vieillissement modifient aussi les préférences
Les relations sociales ne restent pas figées après l’adolescence.
À l’âge adulte, certains chiens développent des préférences plus marquées pour des partenaires familiers. D’autres conservent une grande disponibilité pour les rencontres.
Avec le vieillissement, les besoins de repos, les capacités sensorielles et la tolérance à certaines sollicitations peuvent évoluer.
Une douleur articulaire, une diminution de l’audition ou une fatigue inhabituelle peuvent notamment modifier la réaction d’un chien lorsqu’un congénère s’approche.
Un changement soudain de comportement mérite donc une attention particulière et, si nécessaire, une évaluation vétérinaire avant de conclure à un problème purement éducatif.
⚖️ 5. Comprendre les différences individuelles et les situations de tension
Tempérament, expériences et environnement : des influences qui se combinent
Deux Border Terriers élevés dans des conditions comparables peuvent développer des comportements sociaux sensiblement différents.
Leur tempérament, leurs expériences, leur état émotionnel et leur environnement interagissent au fil du développement.
Les recherches en comportement canin montrent que les caractéristiques comportementales résultent d’influences multiples, comprenant des composantes génétiques et environnementales.
Cela ne permet pas de prévoir avec certitude la sociabilité future d’un chiot à partir de son pedigree ou de quelques observations ponctuelles.
Il faut également distinguer une préférence sociale stable d’une réaction provoquée par une situation particulière.
Un chien peut être détendu avec ses compagnons habituels et devenir inconfortable face à un inconnu qui s’approche rapidement.
Cette variation n’est pas nécessairement contradictoire : elle rappelle simplement que le comportement dépend aussi du contexte.
Stress, frustration et ressources : pourquoi certaines rencontres se compliquent
La fatigue, une stimulation excessive, une douleur ou l’impossibilité de s’éloigner peuvent réduire la capacité d’un chien à gérer une interaction.
La laisse, par exemple, peut limiter ses déplacements et modifier sa manière de communiquer. Certains chiens réagissent alors plus intensément qu’ils ne le feraient dans un espace sécurisé offrant davantage de liberté de mouvement.
Le partage des ressources constitue une autre situation à considérer.
Nourriture, jouets, lieux de repos ou proximité humaine peuvent avoir une valeur différente selon les individus et les circonstances.
Lorsqu’un chien manifeste une tension autour d’une ressource, il est préférable d’en rechercher les causes et d’adapter l’organisation de l’environnement plutôt que d’interpréter automatiquement son comportement comme une tentative de domination.
Le terme « dominance », souvent employé pour expliquer presque toutes les difficultés entre chiens, ne constitue pas une explication suffisante d’un comportement isolé.
Une relation sociale peut comporter des asymétries, mais celles-ci ne justifient pas de réduire les interactions à une hiérarchie rigide et permanente.
Reconnaître les situations qui nécessitent une intervention
Toutes les tensions ne débouchent pas sur un conflit.
Un chien peut exprimer son inconfort par un éloignement, une immobilisation, une vocalisation ou un grognement.
Ces manifestations fournissent des informations utiles. Punir systématiquement un grognement risque de supprimer un signal d’avertissement sans résoudre la cause de l’inconfort.
Je privilégie une intervention proportionnée : interrompre calmement l’interaction lorsque cela est possible sans danger, augmenter la distance, retirer la source de tension ou permettre aux chiens de retrouver un espace tranquille.
En cas de bagarre, il faut éviter de placer les mains entre les chiens ou de saisir leurs colliers à proximité de leur gueule.
Lorsque les réactions deviennent fréquentes, intenses ou difficiles à anticiper, l’accompagnement d’un vétérinaire et d’un professionnel compétent en comportement canin permet d’établir une démarche adaptée.
La sécurité doit toujours primer sur la volonté de provoquer une rencontre.
Des besoins sociaux qui ne se résument pas aux contacts entre chiens
La qualité de vie d’un Border Terrier repose sur plusieurs dimensions complémentaires.
L’activité physique, l’exploration olfactive, les possibilités de repos, les apprentissages et les interactions avec ses humains participent à son équilibre quotidien.
Les relations avec les congénères peuvent enrichir cette vie, mais leur forme et leur fréquence doivent être adaptées à l’individu.
Un chien qui bénéficie de promenades intéressantes, d’activités variées et de relations familières satisfaisantes n’a pas nécessairement besoin de fréquenter quotidiennement un grand groupe de chiens inconnus.
À l’inverse, un chien qui apprécie particulièrement ses congénères peut bénéficier de rencontres choisies et régulièrement renouvelées.
Cette approche individualisée me paraît essentielle : elle invite à rechercher ce qui convient réellement au chien plutôt qu’à appliquer un modèle identique à tous.
Ces connaissances prennent une dimension particulière lorsqu’elles rencontrent la réalité d’un élevage familial. Observer les relations au quotidien, accompagner les premières expériences et organiser la vie commune demandent des choix concrets, parfois des ajustements et une vigilance constante.
C’est précisément ce que je souhaite partager dans la partie suivante, consacrée à mon travail chez D’Hixa’s Stories et aux regards complémentaires de trois professionnelles qui connaissent certains de mes chiens.
Comprendre les relations entre chiens prend une autre dimension lorsqu’on les observe vivre ensemble, jour après jour. Les moments les plus instructifs ne sont pas toujours spectaculaires : une préférence pour un compagnon, un besoin de tranquillité, une interaction interrompue ou un changement dans les habitudes peuvent m’apprendre beaucoup.
Chez D’Hixa’s Stories, ces observations font partie intégrante de mon métier. Elles orientent mes choix de sélection, la préparation des chiots et les échanges avec les familles. Elles m’amènent également à confronter mon regard à celui de professionnelles qui accompagnent certains de mes Border Terriers après leur adoption.
🏡 6. La vie en groupe chez D’Hixa’s Stories : observer, comprendre et accompagner
Une vie familiale qui permet une observation quotidienne
Mes Border Terriers vivent à la maison et disposent d’un jardin d’environ 1 800 m². Ils peuvent profiter de l’extérieur pendant la journée et passent leurs nuits à l’intérieur. Les chenils et les boxes ne constituent pas leur mode de vie habituel.
Cette proximité me permet de les connaître autrement qu’à travers des séances d’éducation ou des situations spécialement organisées.
J’observe leurs déplacements, leurs habitudes de repos, les partenaires qu’ils recherchent et ceux dont ils préfèrent parfois s’éloigner.
Je m’intéresse particulièrement à l’évolution de ces relations. Un chien peut modifier ses préférences au fil du temps, apprécier une activité commune sans rechercher une proximité constante ou simplement choisir de rester tranquille.
Ces comportements ordinaires constituent une source d’informations précieuse pour mieux comprendre chaque individu.
Respecter les générations et les affinités
La présence de chiens de générations différentes enrichit mon quotidien, mais demande une organisation adaptée.
Un jeune Border Terrier peut avoir envie de jouer alors qu’un adulte souhaite se reposer. Un chien âgé peut apprécier la présence des autres tout en supportant moins facilement certaines sollicitations.
Je veille donc à ce que chacun dispose de possibilités de retrait et de tranquillité.
Je ne cherche pas à imposer des relations identiques à tous mes chiens. Certains développent des affinités particulières ; d’autres conservent davantage d’indépendance.
Cette diversité me paraît naturelle. Mon objectif est de permettre une vie commune respectueuse, et non de rechercher une proximité permanente entre tous les individus.
La vigilance humaine reste indispensable
Je ne souhaite pas présenter la vie en groupe comme une succession de moments parfaitement harmonieux.
Des tensions peuvent apparaître autour de la nourriture, des objets, de certains espaces ou de l’attention humaine. L’organisation quotidienne doit tenir compte de ces situations.
Je peux adapter les associations entre chiens, organiser des moments séparés ou modifier l’accès à certaines ressources lorsque cela s’avère nécessaire.
Une expérience douloureuse a également renforcé ma vigilance : en 2020, j’ai perdu un chiot à la suite d’un accident survenu pendant un jeu.
Cet événement m’a rappelé qu’une interaction ludique n’est pas nécessairement dépourvue de risques.
Depuis, je reste particulièrement attentif aux différences de gabarit, à l’intensité des interactions et à la sécurité des plus jeunes.
Je ne peux pas prétendre supprimer tous les risques. En revanche, je considère qu’il m’appartient de les anticiper autant que possible et d’adapter mon organisation lorsque les circonstances l’exigent.
🧬 7. Sélection et préparation des chiots : des choix qui commencent bien avant l’adoption
Sélectionner sans chercher à uniformiser les tempéraments
La santé, la diversité génétique, la fonctionnalité et la morphologie font partie de mon travail de sélection. Mais je ne dissocie pas ces critères de l’observation comportementale.
Je prends en considération la manière dont mes reproducteurs évoluent dans leur environnement, leurs réactions face à la nouveauté, leur relation avec les humains et leurs interactions avec les autres chiens.
Je ne cherche pas à produire des Border Terriers identiques dans leur caractère. Leur personnalité et leur autonomie font aussi partie de ce que j’apprécie dans cette race.
Mon ambition est de réaliser des mariages réfléchis, en tenant compte de l’ensemble des caractéristiques des reproducteurs.
Il serait cependant trompeur de promettre qu’un choix de sélection garantit un comportement précis chez chaque chiot.
Grandir au contact de la vie quotidienne
Les chiots grandissent dans un environnement familial, au contact de leur mère, de leur fratrie et, progressivement, des autres chiens de la maison dans des conditions encadrées.
Ils découvrent les bruits, les mouvements et les habitudes du quotidien.
Entre le troisième et le vingt et unième jour, je pratique également un programme de stimulations neurologiques précoces, appelé ENS. Je le considère comme un élément de mon protocole, sans lui attribuer de bénéfices comportementaux garantis.
Lorsque les chiots deviennent plus autonomes, je leur propose des expériences progressives : exploration, manipulations adaptées, découverte de la voiture, premières expériences de laisse et prémices du rappel.
Je porte aussi une attention particulière à l’apprentissage du repos, notamment grâce à un espace identifiable que j’appelle le « dodo ».
Ce repère est introduit progressivement, dans un contexte rassurant. Il ne s’agit pas d’imposer l’isolement, mais d’aider le chiot à découvrir un endroit où il peut se poser.
Observer chaque chiot plutôt que lui attribuer une étiquette
Au fil des semaines, je découvre des tempéraments différents.
Certains chiots prennent rapidement des initiatives. D’autres observent plus longtemps avant de s’engager. Je m’efforce de respecter ces rythmes sans transformer une réaction ponctuelle en jugement définitif.
Je préfère transmettre aux familles des observations concrètes plutôt que de qualifier trop tôt un chiot de dominant, timide ou particulièrement sociable.
Un jeune chien évolue rapidement. Il a besoin d’expériences adaptées, mais également de sommeil et de périodes sans sollicitation.
Pour moi, préparer un chiot consiste à lui donner des repères et des occasions d’apprendre, pas à rechercher des performances précoces.
🎓 8. De l’élevage à la famille : assurer la continuité des apprentissages
Préparer les humains autant que les chiots
Mon protocole d’adoption repose sur plusieurs étapes : la lecture du protocole et des engagements, le formulaire de candidature, un échange téléphonique puis une rencontre à l’élevage.
Lorsque les conditions le permettent, je recommande ensuite plusieurs visites au cours du développement des chiots.
Ces rencontres ne servent pas uniquement à créer un lien affectif.
Elles permettent d’observer l’évolution des chiots, de comprendre leurs besoins et d’aborder des questions concrètes : les premières nuits, les moments de repos, les interactions avec d’autres animaux et l’organisation du quotidien.
J’accorde une importance particulière à la présence éventuelle d’un autre chien dans la famille.
Son âge, ses habitudes, sa santé et sa manière de réagir aux jeunes chiens sont autant d’éléments à prendre en considération avant d’envisager une cohabitation.
Le club canin, un espace d’apprentissage complémentaire
Je pratique les activités en club canin depuis une quinzaine d’années et fréquente notamment Activ’dog, à Forges-les-Eaux.
Ces expériences continuent à nourrir ma réflexion.
Le club permet de travailler dans un environnement différent, en présence de personnes et de chiens qui ne font pas partie du quotidien habituel.
Je considère toutefois que la qualité de l’encadrement et l’adaptation des exercices restent déterminantes. Un groupe trop stimulant ou une situation mal adaptée peuvent mettre un chien en difficulté.
L’intérêt n’est pas seulement de rencontrer des congénères, mais aussi d’apprendre à évoluer dans leur environnement tout en restant attentif à son conducteur.
Un accompagnement qui se poursuit après le départ
Le départ d’un chiot ne marque pas la fin de ma responsabilité.
Je reste disponible pour les familles et je m’appuie également sur des collaborations professionnelles, notamment avec Nelly Demestre de Cityzenpets et La Meute Citadine.
Un groupe WhatsApp auquel participe Nelly permet des échanges avec les adoptants. Les questions et les observations partagées contribuent à maintenir un dialogue après l’arrivée du chiot dans sa nouvelle maison.
Cette complémentarité me paraît importante.
Je connais les premières semaines du chiot. Une éducatrice ou une comportementaliste peut ensuite observer son évolution dans son nouvel environnement.
Ces regards ne se remplacent pas : ils se complètent.
💬 9. Trois regards professionnels sur les Border Terriers D’Hixa’s Stories
Mon expérience d’éleveur me permet de suivre les premières étapes de développement de mes Border Terriers. Mais je considère tout aussi important de comprendre comment ils évoluent après leur départ, dans des environnements que je ne maîtrise plus.
C’est pourquoi j’accorde une place particulière aux observations des professionnelles qui accompagnent certains de mes chiens.
Nelly Demestre, Claire Bonin et Delphine ont accepté de partager leur expérience. Leurs témoignages apportent trois regards complémentaires : la préparation des compétences sociales, leur expression dans les situations quotidiennes et les nuances des relations au sein de la famille.
Nelly Demestre : des compétences sociales qui résultent d’un véritable travail
Nelly Demestre, comportementaliste canine chez Cityzenpets, accompagne notamment des familles ayant adopté des chiots issus de D’Hixa’s Stories.
Son témoignage porte sur les jeunes chiens qu’elle a personnellement suivis. Elle rappelle d’abord que la qualité du développement comportemental ne doit jamais être considérée comme acquise dans tous les élevages.
Elle écrit :
« Certains élevages accordent une grande attention au développement comportemental de leurs chiots. L’élevage d’Hixa’s Stories en fait partie. »
Elle poursuit avec une observation particulièrement importante pour mon travail :
« Les chiots issus de l’élevage de Boris que j’ai pu accompagner avaient tous des compétences sociales de qualité, aussi bien avec leurs propres congénères que les humains : connaissance et respect des codes propres à leur espèce, politesse canine et attention aux signaux humains. »
Ces propos me touchent parce qu’ils portent sur des comportements observés après le départ des chiots, et non uniquement sur ce que je peux constater à l’élevage.
Nelly insiste également sur un aspect parfois insuffisamment reconnu du métier d’éleveur :
« Cela peut paraitre naturel, mais ça ne l’est pas. »
Derrière cette apparente facilité, elle identifie le travail de sélection, de préparation et d’apprentissage.
Elle rappelle enfin que les compétences développées pendant les premières semaines ne dispensent pas les familles de poursuivre les apprentissages.
Je partage pleinement cette exigence de continuité. Les premières expériences constituent un point de départ, et les retours des professionnels m’aident à mieux apprécier la pertinence de mes pratiques.
Claire Bonin : une sociabilité qui sait s’adapter aux circonstances
Claire Bonin, éducatrice canine à Metz au sein d’Éduc’Canicool, partage son quotidien avec Boris, un Border Terrier D’Hixa’s Stories issu du mariage Luana × Sherlock.
Son expérience possède une double dimension : celle d’une professionnelle de l’éducation canine et celle d’une propriétaire qui connaît son chien dans la vie de tous les jours.
Elle commence son témoignage par ces mots :
« Si je devais raconter mon expérience avec les Border Terriers d’Hixa’s Stories, je retiendrais leur incroyable sociabilité. Un bel équilibre, une aisance dans des situations variées… Des chiens bien dans leurs pattounes, capables de côtoyer des congénères aux profils très différents. »
Claire explique que Boris l’accompagne dans ses activités et peut jouer un rôle auprès de chiens ayant besoin d’un accompagnement dans leurs relations sociales.
Elle précise :
« Il m’accompagne partout et se révèle un précieux assistant pour travailler la sociabilité de certains chiens. Avec sa bonne humeur, il a le don d’inviter les autres au jeu ! »
Mais l’observation que je trouve la plus intéressante concerne sa capacité à adapter son comportement :
« Mais il sait aussi ignorer un congénère et poursuivre son chemin lorsque la situation ne se prête pas aux échanges. »
Cette dernière phrase apporte une nuance essentielle à son témoignage.
Boris ne se distingue pas uniquement par son envie d’interagir. Claire décrit également sa capacité à poursuivre une activité lorsque le contexte ne favorise pas les échanges.
Elle attribue une partie de cet équilibre au travail effectué pendant les premières semaines de vie, tout en rappelant que ces acquis doivent être entretenus.
Son retour illustre ainsi une dimension importante de mon travail : préparer les chiots à découvrir le monde sans chercher à faire de chaque rencontre un événement obligatoire.
Delphine : un chien sociable, mais profondément attaché à ses humains
Delphine, éducatrice canine dans la région rouennaise au sein de Canidelph, partage son quotidien avec Arrow, issu du mariage Eli × Galbaio.
Elle a également accompagné Scott (Pandore × Round) et Rainbow (Okami × Harry).
Son témoignage se distingue par une approche chaleureuse et très personnelle du Border Terrier.
Elle le décrit ainsi :
« Un chien bien dans ses pattes, sociable, qui aime les humains, les enfants, les rencontres et les copains chiens. Un compagnon plein de vie, joyeux, drôle, affectueux et qui sait parfaitement trouver sa place dans une famille. »
Mais Delphine attire également l’attention sur l’intensité de l’attachement que certains Border Terriers développent envers leurs humains.
Elle souligne qu’un chien peut apprécier ses congénères sans être toujours disposé à partager l’attention de sa famille.
Elle exprime cette nuance avec beaucoup de justesse :
« C’est aussi ça, toute la subtilité de nos compagnons : être sociable ne veut pas dire être obligé de tout partager. »
Cette observation est intéressante parce qu’elle distingue deux dimensions souvent confondues : les relations entre chiens et l’attachement à la famille.
Elle ne signifie pas qu’un Border Terrier serait systématiquement possessif, ni que ces réactions devraient être interprétées comme une volonté de domination.
Delphine apporte enfin une observation concernant l’arrivée d’un nouveau chiot Border Terrier :
« Toutefois quand il accueil un nouveau bébé border il l ‘ accepte sans demi mesure . Comme si il était de sa tribu . »
Je retiens de son témoignage cette diversité des relations : un attachement parfois très marqué aux humains peut coexister avec un accueil positif d’un nouveau compagnon.
Cela ne garantit évidemment pas que toutes les cohabitations se dérouleront de la même manière. Chaque arrivée demande de tenir compte des chiens concernés et de leur environnement.
Trois regards complémentaires pour continuer à progresser
Ces témoignages occupent une place importante dans ma réflexion parce qu’ils ne décrivent pas exactement les mêmes situations.
Nelly observe les compétences des chiots après leur adoption et souligne le travail nécessaire à leur développement.
Claire témoigne de la capacité de Boris à évoluer auprès de différents congénères, à participer au jeu ou à poursuivre son chemin selon les circonstances.
Delphine rappelle que la sociabilité ne fait pas disparaître les préférences individuelles, notamment dans les relations affectives avec les humains.
Je suis heureux de recevoir ces retours, mais je ne souhaite pas les transformer en promesse générale concernant tous les chiens issus de mon élevage.
Ils constituent des expériences professionnelles et personnelles situées, qui enrichissent mes propres observations.
Ils me confortent dans certains choix et m’encouragent surtout à poursuivre les échanges avec les familles et les professionnels, y compris lorsque leurs observations révèlent des difficultés.
C’est dans cette continuité que je conçois mon métier : sélectionner, préparer, observer, accompagner et continuer à apprendre.
Ces regards nous conduisent naturellement aux situations concrètes rencontrées par les propriétaires : premières rencontres, promenades, arrivée d’un deuxième chien ou gestion des tensions. La prochaine partie y répondra sous forme de questions fréquentes.
Après avoir découvert les observations réalisées chez D’Hixa’s Stories et les témoignages de trois professionnelles, il reste une question essentielle : comment traduire ces connaissances dans la vie quotidienne ? Une rencontre imprévue, l’arrivée d’un deuxième chien ou un changement de comportement peuvent soulever des interrogations très concrètes. Voici les réponses que je souhaite apporter aux familles, avec les précautions que chaque situation mérite.
❓ 10. Sociabilité Border Terrier : les questions fréquentes
Le Border Terrier est-il sociable avec les autres chiens ?
Oui, un Border Terrier peut être sociable avec ses congénères, mais cela ne signifie pas qu’il appréciera tous les chiens ni toutes les rencontres.
Je conseille de regarder avant tout comment il se comporte dans différentes situations : peut-il approcher calmement, s’éloigner librement et retrouver son attention après une interaction ?
Un chien qui préfère poursuivre sa promenade plutôt que jouer n’est pas nécessairement en difficulté. Ce qui compte, c’est son aisance et sa capacité à évoluer sans tensions répétées.
Comment organiser une première rencontre entre deux chiens ?
Je privilégie un lieu neutre, suffisamment spacieux et éloigné des ressources susceptibles de provoquer une compétition.
Lorsque les conditions le permettent, une marche parallèle, à distance confortable, constitue souvent un bon point de départ. Les chiens peuvent ainsi prendre connaissance de la présence de l’autre sans être immédiatement placés face à face.
Je rapproche progressivement les chiens uniquement si leurs comportements le permettent. Je garde les laisses détendues et évite les salutations forcées.
Si l’un des chiens montre un inconfort persistant, j’augmente la distance ou j’interromps la rencontre.
Un Border Terrier peut-il vivre avec un chien beaucoup plus grand ou plus petit ?
Oui, la différence de taille n’interdit pas une bonne relation.
Je reste cependant vigilant pendant les jeux. Un chien de grand gabarit peut involontairement blesser un partenaire plus petit, même sans intention agressive.
À l’inverse, un petit chien très entreprenant peut mettre un congénère plus réservé en difficulté.
Je surveille donc davantage la manière dont les chiens interagissent que leur seule différence de poids. Avec un chiot, cette précaution est particulièrement importante.
Faut-il laisser son Border Terrier saluer tous les chiens pendant les promenades ?
Non. Je ne considère pas les salutations systématiques comme une obligation.
Lorsqu’un autre chien approche, je vérifie d’abord si la rencontre est souhaitable pour les deux animaux et si l’environnement permet un échange sécurisé.
Il est parfaitement acceptable de changer de direction, de traverser un chemin ou de poursuivre sa promenade.
Cette liberté évite notamment qu’un chien développe l’attente de pouvoir rejoindre chaque congénère aperçu.
Les rencontres sont-elles préférables en laisse ou en liberté ?
Aucune de ces situations n’est systématiquement meilleure.
En laisse, je privilégie une distance suffisante et j’évite les approches frontales imposées. Une laisse tendue peut compliquer les déplacements et empêcher un chien de s’écarter.
En liberté, les chiens disposent de davantage de possibilités de mouvement, mais cela exige un environnement sécurisé, un rappel suffisamment fiable et des partenaires adaptés.
Je ne détache jamais un chien simplement pour résoudre une rencontre difficile.
Mon Border Terrier devient plus réactif à l’adolescence : dois-je m’inquiéter ?
Un changement de comportement à l’adolescence n’est pas nécessairement durable, mais il mérite d’être pris au sérieux.
Je conseille d’identifier les circonstances : proximité des autres chiens, fatigue, excitation, frustration ou expériences récentes.
Pendant cette période, je réduirais temporairement les situations trop difficiles et privilégierais des rencontres plus simples, à une distance confortable.
Si les réactions deviennent fréquentes, intenses ou difficiles à gérer, je recommande de consulter un professionnel compétent. Un changement brutal justifie également un avis vétérinaire.
Peut-on adopter un deuxième Border Terrier lorsque l’on en possède déjà un ?
Oui, à condition de préparer cette arrivée en fonction du chien déjà présent.
Je m’intéresse particulièrement à son âge, à sa santé, à son tempérament et à ses habitudes de vie. Un chien qui apprécie les rencontres en promenade n’est pas automatiquement prêt à partager son domicile.
Je recommande une première rencontre adaptée, puis une installation progressive, avec des espaces de repos distincts et une gestion attentive des ressources.
L’objectif initial n’est pas que les deux chiens deviennent immédiatement inséparables, mais qu’ils puissent vivre sereinement ensemble.
Vaut-il mieux choisir deux mâles, deux femelles ou un couple ?
Je ne recommande pas une combinaison uniquement sur la base du sexe.
Deux mâles peuvent très bien cohabiter, tout comme deux femelles ou un mâle et une femelle. Aucune association ne garantit cependant l’absence de conflits.
Je préfère étudier les tempéraments, l’âge, les expériences et les besoins des chiens concernés.
Dans mon travail d’éleveur, je cherche donc à conseiller une association cohérente plutôt qu’à appliquer une règle générale fondée sur le sexe.
Comment gérer la nourriture, les jouets et l’attention humaine avec plusieurs chiens ?
Je commence par organiser le quotidien pour éviter les compétitions inutiles.
Les repas peuvent être distribués séparément, dans des espaces où chaque chien mange tranquillement. Les objets particulièrement convoités nécessitent également une attention adaptée.
Concernant les interactions avec les humains, je veille à permettre des moments individuels sans imposer la proximité d’un autre chien.
Si un chien se crispe, bloque l’accès à une ressource ou menace son compagnon, je ne cherche pas à provoquer une confrontation pour qu’ils règlent le problème.
Je sécurise la situation et, si nécessaire, je demande un accompagnement professionnel.
Que faire si mon Border Terrier grogne ou se dispute avec un autre chien ?
Je ne punis pas automatiquement un grognement : il peut constituer un avertissement utile.
Je cherche d’abord à rétablir une distance de sécurité, sans forcer les chiens à poursuivre leur interaction.
En cas de bagarre, je ne recommande pas de placer les mains entre les chiens ou de saisir leurs colliers au milieu de l’affrontement, au risque de se faire mordre.
Après un incident, je vérifie l’absence de blessure et consulte un vétérinaire si nécessaire, notamment en présence de morsures.
Lorsque les conflits se répètent, je privilégie une évaluation individualisée plutôt que des tentatives de rapprochement improvisées.
Comment savoir si mon Border Terrier a besoin d’un professionnel du comportement ?
Je recommande de demander de l’aide lorsque les difficultés persistent, s’aggravent ou compromettent la sécurité et le bien-être d’un chien.
Cela concerne notamment les réactions intenses à la vue des congénères, les conflits répétés au domicile, les morsures ou une peur qui limite les promenades.
Un vétérinaire peut rechercher une cause médicale, particulièrement lorsqu’un changement apparaît soudainement. Un vétérinaire comportementaliste ou un éducateur compétent utilisant des méthodes respectueuses peut ensuite contribuer à construire un accompagnement adapté.
Je préfère une intervention précoce à l’installation de situations que la famille finit par redouter.
Mon Border Terrier a-t-il besoin de jouer régulièrement avec d’autres chiens pour être heureux ?
Pas nécessairement.
Je veille surtout à proposer un quotidien correspondant à ses besoins : promenades, exploration olfactive, activités adaptées, repos et relations sociales compatibles avec ses préférences.
Certains Border Terriers apprécient des partenaires de jeu réguliers. D’autres semblent plus satisfaits de rencontres occasionnelles ou de promenades tranquilles.
Je ne mesure donc pas leur bien-être au nombre de chiens rencontrés, mais à la qualité de leur vie quotidienne et à leur comportement général.
Ces réponses constituent des repères, pas des recettes universelles. Une situation qui fonctionne avec un Border Terrier peut nécessiter une autre approche avec son compagnon, même au sein d’une même famille.
C’est pourquoi je privilégie toujours l’observation du chien concerné et l’adaptation progressive des conditions de rencontre. Dans la dernière partie, je reviendrai sur les termes comportementaux essentiels, les références scientifiques permettant d’approfondir le sujet et les enseignements que je retiens de mon expérience d’éleveur.
Les situations abordées dans la FAQ montrent combien il est utile de disposer d’un vocabulaire précis pour parler du comportement canin. Avant de conclure, je souhaite donc réunir quelques définitions essentielles et les références qui permettent de distinguer les connaissances scientifiques de mes observations personnelles. Cette distinction me paraît indispensable pour transmettre une information sérieuse, sans donner à mon expérience une portée qu’elle ne possède pas.
📖 11. Glossaire : les mots essentiels pour comprendre les relations entre chiens
Sociabilité : disposition d’un chien à rechercher, accepter ou entretenir des relations avec d’autres individus. Elle varie selon les partenaires et les situations.
Socialisation : processus de développement au cours duquel le jeune chien acquiert une familiarité avec les individus de son environnement social. Les expériences ultérieures contribuent à entretenir et faire évoluer ses réponses.
Compétences sociales : capacités permettant au chien de percevoir les comportements de ses partenaires et d’ajuster ses propres réactions pendant une interaction.
Tolérance sociale : capacité à accepter la présence d’un autre chien sans nécessairement rechercher son contact.
Affinité : préférence particulière pour un individu. Deux chiens peuvent développer une relation privilégiée sans manifester le même intérêt pour tous leurs congénères.
Cohabitation : organisation d’une vie commune dans laquelle plusieurs chiens partagent durablement un environnement, avec des besoins et des ressources à prendre en considération.
Réactivité : réponse comportementale dont l’intensité ou la rapidité peut être importante face à un événement. Ce terme décrit une réaction ; il ne constitue pas, à lui seul, un diagnostic d’agressivité.
Seuil de tolérance : niveau de stimulation au-delà duquel un chien éprouve davantage de difficultés à gérer une situation. Ce seuil peut varier avec la fatigue, la douleur ou le contexte.
Protection des ressources : ensemble de comportements par lesquels un chien cherche à conserver l’accès à quelque chose qu’il valorise : nourriture, objet, espace ou parfois proximité humaine.
Ces termes sont des outils de compréhension. Aucun ne devrait servir à enfermer un Border Terrier dans une étiquette définitive.
📚 12. Références scientifiques : approfondir sans généraliser
Je considère qu’une observation réalisée à l’élevage peut soulever une question intéressante, mais qu’elle ne suffit pas à établir une règle applicable à tous les chiens.
Pour approfondir les connaissances sur le développement et le comportement canin, plusieurs références permettent de dépasser les impressions personnelles.
Le développement et les expériences précoces
Howell, King et Bennett (2015), dans leur revue scientifique Puppy parties and beyond: the role of early age socialization practices on adult dog behavior, examinent les connaissances disponibles sur les pratiques de socialisation et leurs relations avec le comportement ultérieur.
Les auteurs soulignent l’importance des expériences adaptées au développement du chiot, tout en relevant les limites des études disponibles, notamment concernant les bénéfices spécifiques des classes de socialisation.
Référence : Howell, T. J., King, T. et Bennett, P. C. (2015). Veterinary Medicine: Research and Reports, 6, 143–153.
DOI : https://doi.org/10.2147/VMRR.S62081
Les recommandations vétérinaires sur la socialisation
L’American Veterinary Society of Animal Behavior (AVSAB) propose une prise de position consacrée à la socialisation du chiot.
Elle met en avant l’importance des premières expériences sociales et environnementales, avec une attention particulière à la sécurité et à la prévention des expériences trop éprouvantes.
Ces recommandations professionnelles complètent les travaux scientifiques ; elles ne remplacent pas l’évaluation individuelle d’un chiot.
Référence : American Veterinary Society of Animal Behavior, Puppy Socialization Position Statement.
https://avsab.org/resources/position-statements/
Comprendre les comportements dans leur contexte
L’ouvrage de Karen L. Overall, Manual of Clinical Behavioral Medicine for Dogs and Cats (2013), constitue une référence en médecine comportementale vétérinaire.
Il aborde notamment le développement social, la communication, la réactivité et l’évaluation des difficultés comportementales.
Il rappelle l’intérêt d’une approche qui prend en compte l’ensemble de la situation plutôt que d’interpréter un comportement isolément.
Référence : Overall, K. L. (2013). Manual of Clinical Behavioral Medicine for Dogs and Cats. Elsevier.
Ces publications concernent le chien en général. Elles ne démontrent pas que les Border Terriers possèdent, en tant que race, un niveau de sociabilité supérieur à celui des autres chiens.
Les témoignages de Nelly Demestre, Claire Bonin et Delphine doivent être lus avec la même rigueur : ils apportent des observations professionnelles précieuses sur des chiens qu’elles connaissent, sans constituer une étude scientifique représentative.
❤️ Conclusion : ce que mes Border Terriers continuent à m’apprendre
Lorsque j’ai créé D’Hixa’s Stories, en 2016, je souhaitais développer un élevage fidèle à ma conception du Border Terrier : respecter ses caractéristiques, préserver sa santé et accorder une véritable place à son tempérament.
Dix années plus tard, je mesure surtout tout ce que mes chiens m’ont appris.
Ils m’ont appris à regarder davantage, à ne pas confondre mes attentes avec leurs besoins et à accepter que mes choix doivent parfois évoluer.
Je ne souhaite pas qu’un Border Terrier soit apprécié uniquement parce qu’il correspond à une image idéale de la race.
Je préfère qu’il soit compris pour ce qu’il est, avec ses qualités, ses préférences et ses limites.
Les relations avec les congénères font partie de cette réalité. Elles peuvent être riches, simples ou parfois difficiles. Elles demandent de l’attention, de la patience et une certaine humilité.
Les retours des familles et des professionnelles qui accompagnent mes chiens sont également essentiels. Ils me permettent de découvrir ce que deviennent les chiots au-delà de leur vie à l’élevage et de continuer à interroger mes pratiques.
Je ne prétends pas détenir une méthode parfaite. Je cherche à prendre des décisions réfléchies, à observer leurs conséquences et à progresser.
Si cet article peut aider une famille à mieux comprendre son Border Terrier, à respecter ses préférences ou à aborder une rencontre avec davantage de discernement, il aura rempli son objectif.
Chez D’Hixa’s Stories, mon engagement ne consiste pas à promettre un chien qui aimera tous ses congénères. Il consiste à préparer chaque chiot avec attention, à accompagner sa famille et à respecter l’individu qu’il deviendra.
Rendez-vous chez D’Hixa’s Stories pour découvrir ces précieux compagnons, et profitez de cet accompagnement unique pour vivre une expérience enrichissante avec votre futur Border terrier.
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